Thomas Mulcair mène la course à la direction du Nouveau Parti démocratique, si l'on se fie à un sondage publié hier par l'organisation du candidat Paul Dewar. Une enquête qui place Brian Topp en cinquième place, lui qui était pourtant considéré comme l'un des favoris en levée de rideau.

Mis à jour le 13 févr. 2012
Martin Croteau LA PRESSE

L'équipe de M. Dewar a sondé 6373 membres de la formation politique par des appels automatisés, la semaine dernière, demandant à chacun d'identifier son premier et son deuxième choix.

Au premier tour, le député québécois Thomas Mulcair recueille 25,5% des intentions de vote parmi les membres décidés, loin devant Peggy Nash (16,8%), Paul Dewar (15,1%) et Nathan Cullen (12,8%).

Le stratège néo-démocrate Brian Topp se situe en cinquième place avec 12,7% de la faveur des détenteurs de cartes. Une position surprenante pour un candidat qui a obtenu l'appui de plusieurs personnalités influentes au parti, notamment l'ancien chef Ed Broadbent, l'ancien premier ministre saskatchewannais Roy Romanow, ainsi que les députés québécois Françoise Boivin et Alexandre Boulerice.

M. Dewar, un député d'Ottawa, est le deuxième choix de 21,2% des membres, ce qui le place devant Peggy Nash (19,4%), Thomas Mulcair (16,7%), Nathan Cullen (14,4%) et Brian Topp (12,4%).

Ces résultats démontrent qu'une course à trois se dessine entre Thomas Muclair, Peggy Nash et Paul Dewar, estiment les organisateurs de ce dernier. Selon eux, aucun candidat n'est en mesure de gagner dès le premier tour de scrutin. Et M. Dewar sera en bonne posture grâce à ses nombreux appuis dans un éventuel deuxième tour.

« Fabriqué de A à Z »

Le sondage a été rendu public au lendemain du troisième débat des candidats à Québec, un échange qui s'est déroulé presque entièrement en français. M. Dewar est justement le candidat dont la maîtrise du français est la plus faible, souligne l'organisation de Brian Topp, qui ne donne aucune crédibilité aux résultats de l'enquête.

« C'est une fabrication de A à Z qui a comme objectif de faire deux choses, assène le directeur de campagne de M. Topp, Raymond Guardia. Premièrement, tourner la page sur la performance quasi-catastrophique de M. Dewar à Québec, et deuxièmement d'essayer de créer l'image d'un momentum pour sa campagne. »

L'équipe de M. Topp dit sonder régulièrement l'intérêt des membres du NPD, une pratique appelée « pointage » dans le jargon politique. D'après M. Guardia, 28% des néo-démocrates appuient M. Topp.

La campagne de M. Dewar a retenu les services d'une firme spécialisée pour mener les appels automatisés, rétorque Joe Cressy, porte-parole du candidat. Il établit la marge d'erreur du sondage à 1,19%, 19 fois sur 20.

« C'est un échantillon extrêmement grand avec une très petite marge d'erreur, a certifié M. Cressy. C'est un reflet précis de l'état de la course. »

Pour des raisons stratégiques, il a refusé de divulguer les appuis recueillis par les candidats dans chaque région du pays.

Les résultats du sondage concordent avec les chiffres compilés par l'organisation de Thomas Mulcair, a indiqué un porte-parole du député d'Outremont.

« On prend ces chiffres comme une confirmation de ce qu'on sait déjà et non comme quelque chose de contradictoire », a-t-il indiqué.

Les membres du NPD éliront le successeur de Jack Layton le 24 mars lors d'un congrès à Toronto.