Le gouvernement Harper annule la directive d'un haut fonctionnaire de Service Canada interdisant les décorations de Noël dans les bureaux de l'organisme au Québec et invite les employés de l'État à célébrer cette fête «comme ils l'entendent».

Mis à jour le 3 déc. 2011
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

La Presse a révélé hier que le directeur exécutif principal de Service Canada au Québec, Marc Simoneau, a envoyé une directive par courriel aux employés des 118 bureaux que compte l'organisme dans la province les enjoignant à ne pas décorer l'aire d'accueil et les espaces de travail accessibles à la clientèle pour ne pas heurter les sensibilités religieuses.

Les employés, toujours selon cette directive, pouvaient toutefois décorer l'aire qui leur est réservée dans la mesure où les décorations «respectent les règles élémentaires de sécurité et de bon goût».

Hier, cette directive a soulevé les passions sur les tribunes téléphoniques de même qu'à la Chambre des communes, où les députés de l'opposition ont jugé l'affaire totalement inacceptable.

«Ce ne sont pas juste les employés qui sont privés de la magie de Noël dans leur lieu de travail. Les conservateurs veulent aussi priver des centaines de citoyens de ces réjouissances annuelles», a affirmé le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

«C'est honteux», a renchéri le libéral Denis Coderre.

La ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a rétorqué «qu'il n'y a aucune directive nationale concernant les décorations de Noël», précisant qu'un sapin de Noël de 10 mètres de hauteur se trouve dans le hall d'entrée de son ministère à Gatineau.

Carl Vallée, porte-parole de Stephen Harper, a été plus catégorique. «Cette directive n'était pas autorisée et ne reflète pas le point de vue de notre gouvernement - ni les valeurs des Canadiens, des Québécois. Notre gouvernement a demandé à Service Canada de donner une nouvelle directive à tous les employés aujourd'hui, précisant qu'ils sont libres de célébrer Noël et les Fêtes comme ils l'entendent», a-t-il dit.