L'offensive diplomatique contre l'Iran s'est accentuée d'un cran, lundi, lorsque le Canada, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont annoncé de nouvelles sanctions contre le régime, soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Martin Croteau LA PRESSE

Le gouvernement Harper a confirmé à la Chambre des communes que le Canada emboîtera le pas à ses alliés pour resserrer l'étau sur le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad. Ce régime «représente la menace la plus grave pour la paix et la sécurité internationales», selon le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

«Les dirigeants actuels de l'Iran font preuve d'un mépris flagrant à l'égard de leurs obligations internationales, a-t-il déclaré dans un communiqué. Ils occultent les activités nucléaires de leur pays et font obstacle à toutes les tentatives internationales de vérification de leurs prétentions.»

Le Canada interdit presque toute forme de transaction financière avec l'Iran, y compris les échanges avec sa banque centrale. Il interdit aussi la vente de marchandises utilisées dans l'industrie pétrochimique de ce pays, dont l'économie est extrêmement dépendante du pétrole.

Les Canadiens qui ont de la famille en Iran peuvent continuer d'envoyer de l'argent à leurs proches.

Vendredi, l'Agence internationale de l'énergie atomique a exigé que Téhéran éclaircisse certains éléments de son programme nucléaire. Plusieurs États affirment que le gouvernement veut s'en servir à des fins militaires, même si celui-ci a toujours clamé qu'il vise des fins pacifiques.

Le gouvernement Harper ne s'en cache pas: il aurait souhaité une résolution plus musclée de la part de l'Agence, antenne des Nations unies.

Même ton à Washington

Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont eux aussi imposé des sanctions économiques à l'Iran, hier. Londres a ordonné à son secteur financier de rompre ses liens avec les banques iraniennes. Washington a annoncé des mesures qui visent à handicaper le secteur pétrolier de ce pays.

«L'Iran a choisi la voie de l'isolement», a déclaré le président américain Barack Obama.

«Il y a un durcissement», constate le professeur Houchang Hassan-Yari, du Collège militaire de Kingston.

Mais selon cet expert, cette nouvelle vague de sanctions ne sera efficace que si la Chine et la Russie y participent. Ces deux pays entretiennent des liens commerciaux étroits avec l'Iran et ont toujours été réfractaires à des mesures punitives. «En l'absence de ces deux pays, toutes les sanctions économiques imposées à l'Iran n'auront pas l'effet souhaité», prévoit M. Hassan-Yari.