Les conservateurs ont demandé à certains des plus ardents détracteurs de la Société Radio-Canada (SRC) de témoigner devant un comité parlementaire qui se penche sur le traitement des demandes d'accès à l'information par la société d'État.

Jennifer Ditchburn LA PRESSE CANADIENNE

Les parlementaires étudient notamment la bataille judiciaire menée par la SRC pour garder confidentiels certains documents.

Les députés conservateurs qui siègent au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique y ont réclamé avec succès une étude sur l'utilisation des fonds publics dans le contexte de la bataille judiciaire menée par la société d'État contre la commissaire fédérale à l'information.

La société d'État se bat pour que ses documents concernant ses activités de création, journalistiques et de programmation demeurent exemptés de la Loi sur l'accès à l'information.

Des membres du comité ont d'abord souhaité convoquer certains acteurs directement impliqués dans les poursuites. Ils ont finalement renoncé, craignant l'impact de ces témoignages sur les procédures judiciaires.

Les députés ont plutôt décidé d'entendre des chroniqueurs de Sun News Network qui se sont fait très critiques face au financement public de la SRC et son traitement des demandes d'accès à l'information.

Parmi les témoins réclamés par les conservateurs figure le pdg de Quebecor, Pierre Karl Péladeau. Sa chaîne de télévision est en concurrence directe avec la SRC pour les cotes d'écoute au Québec. Les chroniqueurs de Sun Television/Sun Media, Ezra Levant et Brian Lilley ont aussi témoigné.

M. Péladeau plaide en faveur d'un examen du rôle de la SRC et de son financement. Il est également critique de l'approche de la société d'État au sujet de l'accès à l'information.

Le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes pourrait aussi devoir témoigner devant le comité, tout comme certains représentants d'entreprises du secteur de la télévision. De leur côté, les libéraux et les néo-démocrates ont demandé que les Friends of Canadian Broadcasting et que certains experts témoignent.

La commissaire à l'information, Suzanne Legault, a montré du doigt la SRC qui détient l'un des pires taux de réponses lors de demandes d'accès à l'information. Elle a également souligné que la société d'État avait été inondée par des demandes d'accès immédiatement après avoir été soumise à la Loi en 2007.

Le porte-parole néo-démocrate en matière d'éthique, Charlie Angus, a affirmé que l'étude est une tentative à peine voilée de miner la société d'État. Il a souligné que le Parti conservateur avait récemment écrit à ses membres pour leur demander s'ils croyaient qu'ils en avaient pour leur argent avec la SRC.