Parce qu'il contient les 2,2 milliards $ tant attendus pour le Québec, le Bloc québécois va voter en faveur du budget fédéral déposé lundi, alors que les néo-démocrates et les libéraux ont dénoncé le manque de mesures sociales et d'aide aux familles.

Publié le 6 juin 2011
Stéphanie Marin LA PRESSE CANADIENNE

Le chef parlementaire intérimaire du Bloc, Louis Plamondon, s'est réjoui lundi de cette provision d'argent, indiquée clairement dans le budget.

La compensation était absente de la mouture du mois de mars. Et avec l'abolition des subventions publiques aux partis politiques, il s'agit de la nouveauté du budget de juin, autrement quasi identique à celui de mars, qui avait été rejeté par les partis d'opposition.

«Globalement, vu que les intérêts du Québec sont en jeu, nous allons voter favorablement pour le budget», a déclaré M. Plamondon, qui a aussi salué la bonification du Supplément de revenu garanti pour les aînés démunis.

Le budget indique cependant que le paiement de la compensation est conditionnel à la conclusion d'une «entente satisfaisante» sur l'harmonisation des taxes. Malgré cette mention, le chef bloquiste est confiant.

«Le gouvernement s'est trop compromis pour aboutir à un conflit avec Québec et il a l'intention de régler», croit-il, d'autant plus satisfait que l'argent est prévu pour l'année 2011-2012 et que l'entente doit être conclue rapidement, soit d'ici le 15 septembre.

Mais alors que l'appui du Bloc au budget fédéral de mars dernier aurait été suffisant pour qu'il soit adopté, Stephen Harper avait choisi de ne pas y inclure les 2,2 milliards $.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, soutenait alors que les négociations avec Québec, bien qu'avancées, étaient insuffisantes pour conclure une entente et prévoir la compensation. Pourtant, l'argent est maintenant mis de côté dans la nouvelle mouture du budget, bien que de l'aveu même du ministre des Transports, Denis Lebel, lundi, les négociations ont été interrompues par les élections.

M. Plamondon s'est d'ailleurs étonné que ce dossier n'ait pas été réglé avant.

«C'était une condition essentielle (à notre appui au budget de mars). C'était clair que le gouvernement avait l'intention d'aller en élections», a commenté M. Plamondon, tout en précisant que le gouvernement n'a pas été défait en mars dernier sur le budget mais sur une motion d'outrage au Parlement.

Quant aux chefs du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, et au chef libéral Bob Rae, ils sont déçus du budget sans être étonnés, vu leurs faibles attentes.

Ils ont d'ailleurs l'intention de le bonifier en déposant des amendements.

Pour le NPD, ces amendements cibleraient la création d'emploi, la santé et la sécurité des retraites, a indiqué le chef néo-démocrate. Les changements sont nécessaires, selon le NPD, car le parti ne pourra soutenir le budget dans sa forme actuelle.

M. Rae a lancé que ce budget est comme le «jour de la marmotte», puisqu'il est presque identique au dernier, que son parti n'avait pas appuyé.

«On n'a aucune raison de voter pour», a-t-il indiqué au sujet du budget de juin.

«Il n'y a aucun plan pour les emplois, pour le déficit, pour la pauvreté ni pour la durabilité», a-t-il expliqué.

Mais comme les partis d'opposition ne peuvent plus défaire le gouvernement conservateur maintenant qu'il est majoritaire en bloquant son budget, les chefs ont manifesté leur opposition, sans toutefois trop de vigueur.

Ils ont par ailleurs tous décrié le plan du gouvernement de réduire les dépenses du gouvernement de 4 milliards $ d'ici quatre ans.

Selon eux, le budget, qui n'indique pas où cet argent sera trouvé ni comment les compressions seront faites, demeure trop vague et n'est donc pas crédible.

Le gouvernement doit être plus transparent, a insisté M. Layton.

«On croit que le gouvernement fait exprès de ne pas dire aux Canadiens où ces coupes seront faites car il sait qu'elle ne seront pas populaires», croit-il.

«On s'inquiète que ces compressions pourraient frapper durement les familles», a-t-il ajouté.

Quant à l'autre nouveauté contenue dans le budget, soit l'élimination des subventions publiques aux partis politiques, elle était déjà connue et n'a pas pris de court les partis d'opposition qui seront affectés par le changement.

Tant Bob Rae que Jack Layton ont promis de redoubler les efforts pour aller chercher des fonds pour leurs partis auprès de leurs partisans.