Malgré la déconfiture du Bloc québécois, le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon avertit que la souveraineté demeure une option bien réelle au Québec et que personne ne doit oser penser qu'elle est morte avec les dernières élections fédérales.

Stéphanie Marin ASSOCIATED PRESS

Après un discours prononcé dans le grand hall de son ministère à Ottawa, lundi, pour dire adieu à son personnel après sa défaite électorale, M. Cannon a sombrement souligné que tous doivent être conscients de la survie de l'option souverainiste même si le Bloc n'a plus que quatre députés aux Communes.

«Je ne voudrais pas que quiconque dans le reste du Canada pense un seul instant qu'on en a bel et bien fini avec la souveraineté», a lancé M. Cannon en réponse à une question d'une journaliste.

«C'est toujours une option», a-t-il martelé, malgré la perte de 43 députés du Bloc, qui en comptait 47 avant les élections.

Il a rappelé que le premier ministre du Québec, Jean Charest, doit faire face à la souveraineté tous les jours.

Défait dans sa circonscription de Pontiac, en Outaouais, aux mains d'un candidat néo-démocrate peu connu, M. Cannon a indiqué que la principale tâche de Stephen Harper est d'ailleurs le maintien de l'unité nationale.

«On doit rester conscient de cela, dans chaque décision que l'on prendra dans le futur, on doit garder cela en tête comme un rappel».

Lawrence Cannon était un ministre bien en vue au sein de l'administration Harper. Il a malgré tout été emporté par la vague néo-démocrate, comme deux autres de ses collègues ministres au Québec, Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner.

Il dit accepter sa défaite dans sa circonscription de façon sereine, rappelant qu'elle a été le résultat d'un exercice démocratique.

«Partout à travers le monde, on parle des bienfaits de la démocratie et à l'occasion, il faut s'assujettir aux besoins et au système démocratique. Et voilà le résultat», a-t-il calmement énoncé.

«La force de l'instinct démocratique peut parfois nous surprendre. Comme ce fut le cas en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie. Et je serais presque tenté d'ajouter: dans Pontiac», a-t-il laissé tomber avec une touche d'humour.

«Mais je ne crois pas qu'on ait jamais pensé à moi comme «Maniwaki Khadafi»', a poursuivi en souriant M. Cannon, pour bien distinguer sa situation.

Sur l'échec du Canada à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies - une tache qui a marqué son mandat - il a affirmé que si cela était à refaire, il n'aurait absolument rien changé à son approche.

«On a été fidèles à nos principes», a-t-il sobrement fait valoir.

L'un de ses regrets sera de ne pas pouvoir accueillir le dernier contingent de soldats en mission de combat en Afghanistan, qui doit rentrer à la maison à la fin de l'année.

M. Cannon occupait le siège de Pontiac depuis 2006. Il a cumulé 20 ans de vie politique, tant au niveau municipal et provincial que fédéral.

Il a été ministre sous Robert Bourassa, responsable de plusieurs portefeuilles de 1985 à 1994.

Des rumeurs ont commencé à circuler selon lesquelles Lawrence Cannon pourrait être nommé ambassadeur par Stephen Harper, mais le principal intéressé ne s'est pas prononcé à ce sujet lundi.