Washington a émis une mise en garde ce matin pour informer ses ressortissants des risques «potentiels d'attentats terroristes» en Europe. Alors que les pays du vieux continent sont sur le pied d'alerte, Ottawa ne considère pas la menace suffisamment élevée pour diffuser un avertissement.

Daphné Cameron LA PRESSE

«Les informations actuelles portent à croire qu'Al-Qaïda et des organisations affiliées continuent de préparer des attentats terroristes», indique un communiqué émis par le département d'État américain ce matin. «Les citoyens américains doivent se montrer particulièrement vigilants et prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité pendant leurs voyages.»

Les «terroristes» pourraient cibler le système de transport en commun ou des sites touristiques, a averti le gouvernement des États-Unis, sans toutefois préciser quels pays européens étaient dans la mire de ces organisations.

La mise en garde correspond à un premier niveau d'avertissement pour les voyages à l'étranger, avant celle qui déconseille formellement les déplacements.

Les pays européens sur leurs gardes

Ces nouvelles informations liées aux questions de sécurité ont promptement fait réagir certains gouvernements de l'Europe de l'Ouest. Peu d'informations sur la nature ou le lieu de ces attentats ont toutefois été divulguées par les autorités.

À Londres, le British Foreign and Commonwealth Office a révisé dimanche son niveau d'alerte pour les Britanniques voyageant en France et en Allemagne, qualifiant la menace terroriste de «forte», alors qu'elle était auparavant fixée à «normale». «Les attaques pourraient être aléatoires, dans des endroits fréquenté par des expatriés ou des voyageurs étrangers», écrit le gouvernement britannique.

«Nous faisons face à une menace terroriste grave et réelle. Notre niveau d'alerte reste «grave», ce qui signifie qu'un attentat est très probable», a par ailleurs déclaré la ministre britannique de l'Intérieur, Theresa May.

En France, le ministère des Affaires étrangères, a déclaré que les recommandations de vigilance américaines sont «en ligne» avec celles qu'elle a émises à l'égard de sa propre population. «La menace terroriste en France demeurant élevée, le niveau d'alerte est maintenu inchangé, au niveau rouge», a dit le porte-parole du ministère, Bernard Valero.

En Italie, le gouvernement a déclaré être «vigilant». La mise en garde de Washington est survenue alors que plusieurs médias italiens ont révélé qu'un homme soupçonné d'entretenir des liens avec un réseau qui recrute des combattants pour l'Afghanistan a été mis en état d'arrestation. Ce dernier, un citoyen français d'origine algérienne, aurait été intercepté en septembre dans la Ville de Naples.

Le ministère allemand de l'Intérieur estime toutefois qu'il n'y avait «pas lieu de modifier son évaluation des risques d'attentats» et qu'il n'y a «toujours pas d'indications concrètes d'attentats imminents» en Allemagne. Il n'y a «aucune raison de paniquer et aucune raison de renforcer fondamentalement les mesures de sécurité», a déclaré le président de la commission des Affaires intérieures au Bundestag, Wolfgang Bosbach.

Il était difficile, aujourd'hui, d'obtenir des compléments d'information sur les démarches entreprises par le Canada dans le dossier.

Pour l'instant, le Canada «surveille de près la situation en matière de sécurité en Europe», a écrit une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Priya Sinha, dans un courriel laconique. «On recommande aux Canadiens d'être constamment à l'affût, suivre les bulletins de nouvelles et les instructions des autorités locales, et prendre les mesures appropriées pour assurer leur sécurité personnelle.»

Avec Agence France-Presse et The Associated Press