Les quatre partis fédéraux se sont unis, à Ottawa, pour dénoncer d'une même voix le dossier du magazine Maclean's sur le Québec.

Marie Vastel LA PRESSE CANADIENNE

Dans son édition du 4 octobre, le magazine anglophone a présenté le Québec comme la province la «plus corrompue» du Canada.

Mais mercredi soir, conservateurs, libéraux, bloquistes et néo-démocrates ont fait front commun - pour une rare fois aux Communes - et déposé une motion dénonçant les articles.

Les parlementaires y ont souligné «que cette Chambre, tout en reconnaissant l'importance des débats vigoureux sur des sujets d'intérêt public, est profondément attristée par les préjugés véhiculés et les stéréotypes employés par le Magazine Maclean's pour dénigrer la nation québécoise, son histoire et ses institutions».

Car selon le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, le dossier «n'était pas sain au plan démocratique».

Si la motion, présentée par le Bloc et secondée par le Nouveau Parti démocratique (NPD), n'impose pas de réelle sanction au magazine torontois, elle envoie néanmoins un message clair, a argué M. Paquette, qui a déposé le texte mercredi soir.

«L'ensemble des partis envoie à la population québécoise et à la population canadienne (un message) comme quoi le type d'articles qu'on a retrouvé dans le Maclean's concernant le Québec n'a pas sa place dans une démocratie, dans un débat qu'on souhaite vigoureux mais basé sur des informations qui sont objectives et non pas démagogiques», a-t-il fait valoir.

Maclean's s'est aussi attiré les foudres du premier ministre du Québec, Jean Charest, qui a réclamé des excuses au magazine à l'endroit des Québécois, ainsi que des partis d'opposition de l'Assemblée nationale.

Les partis fédéraux avaient eux aussi dénoncé le dossier cette semaine, tour à tour en point de presse. Mais voilà qu'ils l'ont fait à l'unisson, mercredi.

Quant au Carnaval de Québec - dont la mascotte a été placée en page couverture du magazine tenant un porte-documents d'où s'échappent des billets de banque canadiens et américains -, la direction a menacé de poursuivre l'hebdomadaire si les copies n'étaient pas retirées des tablettes.

Plutôt que de s'excuser pour les écrits publiés cette semaine dans ses pages, l'équipe de rédaction du magazine a défendu ses textes, dans un billet mis en ligne sur son site Internet, mercredi après-midi, et dont la version française est intitulée «Les Québécois méritent mieux que ça».

«Il est vrai que nous ne disposons pas de données statistiques démontrant sans l'ombre d'un doute que le Québec constitue un cas isolé au Canada. Mais cela ne veut pas dire que nous devons suspendre tout jugement. Les preuves sont abondantes: les scandales succèdent aux scandales à tous les paliers de gouvernement dans la province», réplique la direction du Maclean's.

«Oui, il y a de la corruption politique dans chaque province et dans chaque parti. Il y en a chez les anglos, chez les fédéralistes, et même chez les néo-démocrates. La question n'est pas là. Seul le Québec s'est trouvé aux prises pendant cette période avec une aussi riche collection de situations embarrassantes», renchérit notamment l'hebdomadaire dans son texte, publié en anglais et en français.