À quelques jours de la fin de son mandat, la gouverneure générale est venue faire ses adieux aux parlementaires, mardi midi.

Publié le 28 sept. 2010
Marie Vastel LA PRESSE CANADIENNE

Devant députés et sénateurs, qui étaient réunis dans le Hall d'honneur du Parlement, Michaëlle Jean a reconnu que son règne au poste de représentante de la reine au Canada avait été mouvementé. En cinq ans, elle aura lu cinq discours du Trône, a-t-elle rappelé, à la blague.

«Le moins que l'on puisse dire, chers amis, c'est que la vie parlementaire de ce pays a été plutôt mouvementée ces cinq dernières années», a-t-elle affirmé.

«Certains y verront sans doute un indice de la santé démocratique de notre pays... et très certainement de la mienne», a poursuivi Michaëlle Jean, qui a grandi en Haïti, «dans une dictature sans merci», a-t-elle commenté.

Outre les deux prorogations qu'elle a accordées au premier ministre Stephen Harper, le passage de Michaëlle Jean à Rideau Hall a aussi été marqué, pour plusieurs, par sa chaleur et sa compassion.

Car Michaëlle Jean a touché tous ceux qu'elle a côtoyés au cours de son mandat, au Canada et à l'étranger, ont souligné tour à tour les présidents de la Chambre des communes, Peter Milliken, et du Sénat, Noël Kinsella, de même que le chef libéral, Michael Ignatieff, et le ministre conservateur Stockwell Day, qui étaient présents à la réception organisée en son honneur.

Parmi les témoignages rendus, les politiciens ont cité les efforts déployés par Michaëlle Jean pour venir en aide à son pays d'origine, Haïti, dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre qui a dévasté le petit pays des Antilles, en janvier dernier.

Puis, il y a eu son engagement envers les jeunes, les populations des pays en voie de développement, et les arts, ont ajouté les invités. Sans oublier l'un de ses séjours dans le Grand Nord canadien, où Michaëlle Jean avait mangé un morceau de coeur de phoque cru, en protestation contre les campagnes menées contre la chasse au phoque, a soulevé M. Milliken.

M. Kinsella, capitaine honoraire de la marine canadienne, a quant à lui insisté sur le rôle de commandant en chef qu'a également assumé Mme Jean depuis 2005. Le président du Sénat a noté que la «dignité, la chaleur et la compassion dont elle fait preuve ont été précieux pour les familles de nos militaires».

Appelé à commenter la décision de Mme Jean d'accorder une prorogation à Stephen Harper en 2008 - quand libéraux et néo-démocrates avaient formé une coalition appuyée par le Bloc québécois pour renverser les conservateurs -, le leader libéral a refusé de revenir sur son jugement.

«Elle est l'arbitre du système constitutionnel. Et moi je ne questionne pas ses décisions. (...) Je suis un joueur, je n'ai pas le droit de questionner l'arbitre. Je me soumets au jugement de l'arbitre et c'est tout», s'est contenté de répondre Michael Ignatieff.

Mme Jean quittera officiellement ses fonctions vendredi, alors que son successeur, David Johnston, sera assermenté au Sénat et fera son entrée à Rideau Hall.

Michaëlle Jean poursuivra quant à elle sa carrière comme envoyée spéciale pour l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) pour le pays qui l'a vue naître.

La gouverneure générale a fait valoir, dans son discours d'adieu, qu'elle souhaitait continuer de travailler avec les parlementaires canadiens afin d'améliorer la situation en Haïti.