Convaincu d'avoir marqué des points durant les sommets du G8 et du G20 en fin de semaine, le Canada entend maintenant intensifier sa campagne afin d'obtenir l'un des deux sièges non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.

Mis à jour le 29 juin 2010
Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, profitera d'une série de rencontres à l'étranger au mois de juillet afin de convaincre les dirigeants de plusieurs pays d'appuyer la candidature du Canada lorsque le vote aura lieu, au mois d'octobre.

Outre le Canada, le Portugal et l'Allemagne convoitent également ces sièges. À quelques mois du vote, la campagne est maintenant bien engagée.

Dans une entrevue accordée à La Presse, hier, Lawrence Cannon a soutenu que le monde entier a, depuis le début de l'année, les yeux rivés sur le Canada, grâce aux Jeux olympiques d'hiver de Vancouver, à la Conférence préparatoire sur la reconstruction d'Haïti, qui a eu lieu à Montréal en janvier, et aux rencontres du G8 et du G20. Le gouvernement Harper tient à continuer sur cette lancée en obtenant un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.

«L'année 2010 a été l'année internationale du Canada. Je vais faire le tour de l'Europe, notamment, en juillet. Je vais en profiter pour parler des résultats du G8 et du G20, en particulier de l'initiative de Muskoka sur la santé maternelle et infantile en Afrique. Mais à chaque occasion, je vais parler de notre candidature pour un siège à l'ONU», a affirmé M. Cannon.

«Tous ces dossiers viennent ajouter à la crédibilité et à la réputation du Canada, et c'est ce que je vais vendre. Nous avons un plan de match depuis plusieurs mois pour obtenir un siège. Nous accélérons la cadence maintenant.»

La dernière fois que le Canada a obtenu un siège remonte à 1998. En entrevue, M. Cannon a dit que le Canada souhaite l'obtenir afin de donner une plus grande voix aux pays africains au Conseil de sécurité.

«Nous sommes dans une course. Il faut mener une campagne électorale, littéralement, à l'échelle internationale. On convoite le poste parce qu'on croit beaucoup à la réforme des institutions, notamment du Conseil de sécurité. Aussi, on trouve que l'Afrique est sous-représentée au Conseil. Cela fait partie de la campagne que nous menons», a-t-il affirmé.

M. Cannon prend donc le bâton du pèlerin dès aujourd'hui pour se rendre à Londres, où il doit rencontrer son homologue britannique, William Hague. Il ira ensuite à Paris, le 1er juillet, où il devrait avoir des pourparlers avec le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Le 3 juillet, il assistera au 10e anniversaire de la Conférence des démocraties à Cracovie, en Pologne. La majorité des ministres des Affaires étrangères y participeront, dont la secrétaire d'État Hillary Clinton.

M. Cannon doit ensuite se rendre en Finlande le 7 juillet pour discuter de plusieurs dossiers avec son homologue finlandais avant de se rendre à Dubrovnik, en Croatie, pour le sommet du sud-est de l'Europe. Le 11 juillet, il se rendra à Rome et le 14 juillet, à Malte.

Deux jours plus tard, il participera au sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe au Kazakhstan. Il se rendra ensuite au Vietnam le 22 juillet pour le sommet de l'ASEAN (Association des nations d'Asie du Sud) et conclura ce séjour à l'étranger en Ouganda, où se tiendra le Sommet de l'Union africaine, le 24 juillet.

Opposition du Bloc

En mai, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait dit que le Canada ne méritait pas ce siège à cause des prises de position du gouvernement Harper, aux antipodes selon lui de celles que préconise l'ONU, notamment en matière de lutte contre les changements climatiques.

Hier, le ministre Cannon a condamné les propos du chef bloquiste en affirmant que ce dernier est «incapable d'avoir de bonnes paroles pour le Canada».

«Les autres leaders souverainistes ont toujours eu des propos mesurés à l'endroit du Canada. M. Duceppe est un homme très amer parce qu'il n'a jamais réussi à réaliser ses objectifs. Il tire donc sur tout ce qui bouge», a-t-il dit.