Le Canada n'est plus un leader en matière de transparence et les retards dans la transmission de documents risquent de faire perdre sa pertinence au système d'accès à l'information.

Hugo de Grandpré LA PRESSE

C'est le message qu'a rendu hier la commissaire à l'information du Canada par intérim, Suzanne Legault, à l'occasion du dépôt d'un rapport spécial au Parlement canadien.

 

Mme Legault s'est penchée sur le rendement de 24 ministères, agences, sociétés d'État ou départements du gouvernement fédéral par rapport aux exigences de la Loi sur l'accès à l'information. Son verdict: 14 d'entre eux n'obtiennent pas la note de passage, y compris le Bureau du conseil privé, l'annexe bureaucratique du bureau du premier ministre.

«Les retards constituent toujours le talon d'Achille du système d'accès à l'information, n'ayant pas encore fait l'objet d'une attention adéquate à l'échelle du gouvernement», a écrit la commissaire.

À une époque où les technologies accroissent la demande pour une transmission rapide des informations, «le gouvernement devrait montrer l'exemple dans ce domaine ou, du moins, emboîter le pas», a-t-elle insisté.

Une réforme de la Loi sur l'accès à l'information serait nécessaire pour corriger ces problèmes, a réclamé Suzanne Legault, reprenant ainsi une revendication de son prédécesseur, Robert Marleau. Une telle réforme devrait inclure des limites plus fermes pour la transmission de documents, a-t-elle précisé.

Incident

Le dépôt de ce rapport a coïncidé avec la comparution du chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, Guy Giorno, hier en matinée au comité parlementaire sur l'éthique.

Les députés de l'opposition souhaitaient faire témoigner M. Giorno au sujet d'un incident qu'a rapporté La Presse Canadienne, dans lequel un attaché politique de Christian Paradis, alors ministre des Travaux publics, serait intervenu l'été dernier pour empêcher la publication d'un rapport demandé en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

La commissaire à l'information enquête actuellement sur le dossier et elle a affirmé hier qu'il s'agissait pour elle d'une «priorité».

Prétextant l'existence de cette même enquête, Guy Giorno est quant à lui resté vague.

Il a néanmoins affirmé qu'il avait depuis réitéré à plusieurs reprises au personnel politique du gouvernement Harper l'importance de ne pas s'ingérer dans le processus d'accès à l'information.