Le député du NPD d'Outremont, Thomas Mulcair, a déclaré en Chambre que les conservateurs de Stephen Harper, qui refusent de verser au Québec une indemnisation de 2,2 milliards pour avoir harmonisé la TVQ avec la TPS dans les années 90, se comportent comme des «crosseurs».

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

M. Mulcair a lancé cette accusation sans rougir hier à la Chambre des communes - de mémoire d'homme, une première dans les annales parlementaires - alors que les échanges entre Québec et Ottawa s'enveniment dans cet épineux dossier.

 

Le Québec est revenu à la charge avec sa demande de compensation financière après que le gouvernement Harper eut accepté de verser l'an dernier plus de 4 milliards de dollars à l'Ontario pour harmoniser sa taxe provinciale avec la TPS. La nouvelle taxe harmonisée entre en vigueur le 1er juillet. Ottawa a aussi versé une compensation à la Colombie-Britannique pour la même raison.

«Ce qui est bon pour Pitou est bon pour Minou. Comme le Québec a harmonisé sa taxe, il mérite d'être compensé. (...) Vous avec complètement floué le Québec. Le premier ministre réalise-t-il (...) qu'il est en train de donner des munitions à ceux qui disent que le fédéral, c'est des «crosseurs»?» a lancé le bouillant député.

Le premier ministre Stephen Harper a rétorqué que le Québec aura droit à une compensation si le gouvernement Charest accepte l'harmonisation complète comme les autres provinces, soit une seule et même taxe de vente. Aussi, le gouvernement fédéral tient à percevoir cette taxe. À l'heure actuelle, le Québec perçoit la TPS et la TVQ et verse à Ottawa la part qui lui revient. En échange, le gouvernement fédéral verse à Québec plus de 120 millions de dollars par année.

Duceppe en rajoute

«Si le Québec veut la même entente que celle obtenue par l'Ontario, il peut signer l'entente aujourd'hui. Le fédéral donnera les mêmes termes. Jusqu'à maintenant, le Québec ne veut pas faire cela», a dit M. Harper aux Communes en réponse à une question du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Interrogé hier au sujet de la sortie de Thomas Mulcair, M. Duceppe a déclaré: «Il décrit de façon imagée en des termes non parlementaires une réalité qui existe.»