L'ex-ministre péquiste Robert Perreault souhaite l'élection du candidat de Québec solidaire, Amir Khadir, dans Mercier, le 8 décembre. Le Parti québécois «s'en va nulle part», affirme l'ancien député de Mercier sous Jacques Parizeau et Lucien Bouchard.

Denis Lessard
Denis Lessard LA PRESSE

«Le PQ a fait une erreur fondamentale dans son analyse. Le projet d'indépendance est un plus plutôt qu'un moins. Or les dirigeants actuels du PQ ont fait le calcul que c'était un moins, un boulet...» regrette M. Perreault, joint hier au Conseil de l'environnement de Montréal.

 

Toujours au centre de nombreux réseaux chez les environnementalistes, Robert Perreault peut apporter des munitions au candidat de Québec solidaire qui était passé à 1100 voix de battre le péquiste Daniel Turp en 2007. Les verts ont mis une sourdine à leur campagne dans Mercier, les adéquistes y sont totalement absents. Ces deux partis avaient récolté près de 5000 voix, susceptibles de brouiller les cartes dans l'ancienne circonscription de Robert Bourassa et de Gérald Godin.

«Le PQ s'est laissé convaincre, contre toute logique politique, de mettre sous le boisseau l'essence même de son programme, ce qui en a toujours fait la force (...) la promotion au quotidien de la souveraineté du Québec», ajoute M. Perreault dans une lettre publique.

«Le PQ fait une grave erreur en mettant de côté son option. Cela ne donne pas plus le pouvoir, cela démobilise les militants... Je connais Pauline Marois depuis des années, je n'ai pas d'agressivité à son endroit, mais je pense que le PQ s'en va dans un cul-de-sac», observe-t-il toujours convaincu que la souveraineté du Québec est nécessaire.

«C'est particulier à dire, mais mon parti demeure le Parti québécois. Si la souveraineté du Québec se réalise un jour, c'est difficile d'imaginer que cela puisse se faire sans lui», note-t-il.

«On peut toujours rire des gens du Plateau-Mont-Royal, mais il y a ici 100 000 personnes, qui ont leurs valeurs, leurs aspirations... et Amir Khadir en est le porteur», résume-t-il. C'est le candidat Khadir qui a sollicité l'appui de l'ancien ministre.

Selon M. Perreault, «Amir Khadir peut apporter de la fraîcheur à l'Assemblée nationale. Rebrasser des cartes et apporter de l'air frais. Je n'ai rien contre Daniel Turp (le député péquiste sortant) mais Amir Khadir apporte des idées dans une Assemblée nationale sclérosée. Il est porteur de valeurs qui sont proches de nos enfants. C'est un appel d'air souhaitable», dit-il en entrevue.

Le candidat de Québec solidaire «est un partisan convaincu de l'indépendance du Québec; pour lui ,ce projet s'enracine à gauche», observe Robert Perreault.

Joint hier, le candidat de Québec solidaire a souligné que d'autres militants péquistes en vue appuyaient sa candidature, Dominique Ollivier, candidate au PQ et au Bloc, Michel Pauzé et Pierre Boileau, longtemps associés au PQ.

«Nos pointages nous indiquent qu'on est en avance, soulignait hier M. Khadir. L'appui de M. Perrreault s'ajoute à une série... Dan Bigras, Richard Desjardins ont aussi appuyé Québec solidaire dans Mercier». Il peut aussi compter sur l'appui de Sylvain Valiquette, le candidat du Parti vert qui lui avait fait la lutte en 2007. M. Valiquette est maintenant le candidat des verts dans Rosemont.

«Je suis sympathique à Amir Khadir. Il a sa chance maintenant. Il est mieux d'en profiter. Il y a un pacte de non-agression avec Québec solidaire. Amir Khadir et Guy Rainville (le chef des verts) se sont parlé, et se sont entendus», explique M. Valiquette.

En 2007, le péquiste Daniel Turp l'avait emporté par 1100 voix sur Amir Khadir. Cette fois, la candidate libérale, une employée politique de Michelle Courchesne, fait une campagne modeste. En 2007, Sylvain Valiquette avait obtenu 2400 voix, quelques voix de plus que le candidat adéquiste Gabriel Tupula Yamba.