Un peu plus d'une semaine avant le scrutin, Pauline Marois hausse le ton à l'égard de Jean Charest et le renvoie dos à dos avec Stephen Harper. La chef du PQ a accusé hier les deux premiers ministres d'être davantage préoccupés par leur «quête de pouvoir personnel» que par les difficultés économiques.

Mis à jour le 1er déc. 2008
Martin Croteau
Martin Croteau LA PRESSE

MM. Harper et Charest font preuve de la même «arrogance», du même «mépris» à l'égard des Québécois, a dénoncé Mme Marois, ajoutant que les deux «finiront dans l'opposition».

 

«On a vu M. Harper absolument insensible aux messages qu'ont envoyés les Québécois lors des dernières élections, a-t-elle affirmé lors d'un passage à Valcourt. Et M. Charest, au moment où il a été majoritaire, a heurté de front à peu près tout ce qui bougeait au Québec.»

En tournée en Montérégie, en Estrie et en Mauricie, la leader souverainiste a multiplié les attaques contre le chef libéral. M. Charest est bien mal placé pour faire la leçon à Mario Dumont sur les campagnes de peur, a-t-elle dénoncé, car il avait lui-même brandi la menace de coupes dans les pensions de retraite lors de la campagne référendaire de 1995.

«C'est ça, Jean Charest, a-t-elle dénoncé. Jean Charest le fédéraliste qui a bâti sa carrière politique en menant des campagnes de peur.»

Pauline Marois a appelé ses partisans à voter en grand nombre pour montrer la porte au gouvernement libéral.

Tumulte à Ottawa

Dans les rangs souverainistes, certains craignent que le tumulte politique qui secoue Ottawa n'avantage les fédéralistes dans les élections provinciales. C'est le cas du député bloquiste Luc Malo, venu prêter main-forte à Mme Marois, qui a laissé entendre que le «bruit» pourrait nuire au PQ.

«Si vous vous laissez influencer par le bruit qui va arriver d'Ottawa, ce sont nos adversaires fédéralistes qui en profiteront», a affirmé le député fédéral de Verchères-Patriotes, exhortant la machine péquiste à ne pas se laisser distraire par la crise au gouvernement fédéral.

Relancé par les journalistes sur le sens de ses propos, le député a affirmé qu'il voulait simplement mobiliser les militants péquistes. Pressé de questions à savoir pourquoi les événements à Ottawa favoriseraient les partis fédéralistes du Québec, le député a fini par lâcher: «Ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit à nos militants de rester très, très branchés sur la campagne d'ici au 8 (décembre).»

«Si on se laisse distraire par ce qui se passe à Ottawa et qu'on ne met pas toutes nos énergies au Québec, ça risque effectivement de nous nuire en ce sens», a convenu Mme Marois.

Mais elle ne croit pas que le PQ sera plus touché que les autres par la crise à Ottawa.

À Valcourt, Bernard Landry est venu témoigner son appui à Mme Marois. L'ex-premier ministre a vanté l'intervention du gouvernement pour relancer l'économie et qualifié Jean Charest de «néoconservateur». Il a aussi sommé le premier ministre de dévoiler l'ampleur des pertes de la Caisse de dépôt et placement.

Dans son discours, il n'a pas fait la moindre allusion à l'actuelle chef du PQ.