Réalisateur du documentaire Dérapages, qui porte sur l'alcool et la vitesse chez les jeunes conducteurs et dont la première aura lieu lundi à Montréal, Paul Arcand entretient des doutes quant à l'impact de la nouvelle mesure de tolérance zéro à l'alcool pour les conducteurs de moins de 21 ans sur le bilan de la sécurité routière.

Mis à jour le 13 avr. 2012
André Duchesne LA PRESSE

«On ne peut pas être contre la vertu. L'alcool au volant est un problème, et pas seulement chez les jeunes, dit-il. Sur le fond, c'est donc une bonne mesure qui s'ajoute à l'arsenal dont on dispose pour faire face aux problèmes sur les routes. Mais est-ce que ça va améliorer le bilan? Là-dessus, j'ai un doute.»

Il ne faut donc pas voir l'entrée en vigueur de la nouvelle mesure, qui existe déjà dans plusieurs provinces et une trentaine d'États américains, comme une solution miracle, ajoute le populaire animateur et documentariste.

Mais justement, y en a-t-il, des solutions miracles? À ce sujet, le réalisateur nous renvoie au contenu de son film dont la sortie est très attendue.

«Dans Dérapages, je laisse la parole aux jeunes qui proposent des solutions intéressantes, dit-il, sans dévoiler de détails. La plupart des gens qu'on voit dans le film se sont retrouvés en périphérie d'accidents de la route où l'alcool, la vitesse ou les deux étaient impliqués. Et ils en tirent des conclusions.»

Par contre, l'homme nous met en garde: il ne veut pas voir ses propos interprétés comme paroles d'évangile. «Je ne suis pas un expert et je ne veux pas être perçu tel quel. Et dans le film, justement, je ne donne pas la parole aux experts de la sécurité routière, mais aux jeunes.»

Conscient c. inconscient

Les recherches qu'il a menées pour la réalisation de son film ont fait remarquer à M. Arcand une différence importante dans le rapport qu'ont les jeunes avec l'alcool et la vitesse.

«Il y a quelque chose de plus inconscient dans le rapport à l'alcool. Les jeunes ne boivent pas régulièrement, mais lorsqu'ils prennent de l'alcool, c'est souvent dans le cas d'un gros party, dit-il. Dans le cas de la vitesse, il y a la recherche de l'adrénaline, d'un feeling, qui est à mon avis plus consciente.»

M. Arcand fait aussi remarquer qu'en ce qui concerne l'alcool, ce qui se passe à Montréal est très différent de la réalité des régions. «À Montréal, pour rentrer à la maison, il y a le métro, les transports en commun, etc. Les solutions de rechange sont multiples, dit-il. Mais pour retourner de Saint-Nicéphore à Drummondville, c'est tout autre chose.»

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Dérapages prendra l'affiche le 27 avril au grand écran.

Avec la productrice Denise Robert, Paul Arcand présentera le film aux jeunes au cours d'une tournée à Drummondville, Québec, Chicoutimi, Saint-Jérôme, Gatineau, Trois-Rivières, Joliette et Sherbrooke.