La Ville de Québec affirme que la construction du futur amphithéâtre coûtera 400 millions de dollars, dont la moitié sera payée par le gouvernement du Québec. Des frais pour l'instant inconnus pourraient faire augmenter cette somme, notamment pour la décontamination du terrain.

Mis à jour le 2 juin 2011
André Noël et Fabrice de Pierrebourg LA PRESSE

L'estimation de 400 millions de dollars est basée sur une étude faite en 2009 par la firme SNC-Lavalin. Cette firme a analysé les coûts d'amphithéâtres semblables construits depuis 1996 en Amérique du Nord et a conclu que le Colisée coûterait 383 millions sans stationnement et 421 millions avec stationnement. L'étude précise que les éléments suivants ne sont pas inclus au budget: «Équipements et ameublements pour restauration ou concession; décontamination du sol, si applicable; mobiliers; équipements de sonorisation et acoustique.»

La Ville de Québec sait que le terrain visé pour l'amphithéâtre est contaminé, mais elle ne sait pas dans quelle mesure, a indiqué hier le porte-parole François Moisan. «Les études de caractérisation ne sont pas encore faites, a-t-il dit. On n'a pas idée du coût encore exactement, donc on ne peut pas dire si ces coûts seront inclus ou non dans les 400 millions.»

De nombreux défis devront être relevés lorsque viendra le temps de préparer le terrain, a appris La Presse de bonne source. Selon une évaluation préliminaire, la couche de sols contaminés pourrait atteindre de 2 à 3 m de profondeur. Comme le sol est fait de sable et d'argile, il faudra probablement enfoncer des pieux pour stabiliser les fondations. Enfin, le secteur se trouve dans une zone à risque modéré de tremblement de terre, ce qui obligera les constructeurs à respecter des normes parasismiques élevées.

Débris et déchets

Le terrain se trouve à l'angle nord-est de l'autoroute Laurentienne et du boulevard Wilfrid-Hamel, dans le quartier Limoilou. Il a servi pendant des années à des activités industrielles et au dépôt de milliers de tonnes de cendres d'incinération et de débris de toutes sortes.

Au cours d'un entretien avec TVA, l'hiver dernier, le maire Régis Labeaume a dit qu'il croyait que le terrain de l'amphithéâtre contenait surtout des débris peu toxiques, comme du bois et des briques. «Il faudrait creuser de toute façon, enlever la terre et les matériaux qui sont là, a-t-il dit. On verra ce qu'il y a dedans.»

Martin Labrecque, entrepreneur en construction, prévient qu'il peut y avoir des surprises. Il en sait quelque chose. Il a obtenu le contrat pour excaver les sols contaminés sur le terrain voisin, celui du Centre de foires, qui appartient lui aussi à la Ville de Québec.

Selon l'étude de caractérisation préparée par la firme Dessau, il y avait 28 000 m3 de sols contaminés, dont 20 000 très contaminés, sur une superficie relativement petite. «En fait, il y en avait plus du double, soit entre 70 000 et 80 000 m3», a dit M. Labrecque à La Presse, hier. Comme il n'a pas été payé pour ce volume supplémentaire, il a pris une hypothèque légale sur le terrain.

«Le site à l'étude [...] fut utilisé comme lieu d'enfouissement de cendres d'incinération par la Ville de Québec», indique l'étude de Dessau. Pendant des années, on y a déposé les cendres de l'incinérateur de la Ville, situé tout près. Elles sont constituées de substances très toxiques - soufre, plomb, étain, zinc, etc.

Par ailleurs, le répertoire des sites contaminés du ministère de l'Environnement montre plusieurs autres terrains souillés par d'autres polluants dans les environs immédiats du futur amphithéâtre. Ils contiennent du benzène, du toluène, des hydrocarbures pétroliers et d'autres produits.