La famille Barlagne, qui était menacée d'expulsion, pourra finalement rester au Canada. Le cabinet de la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, a confirmé mardi qu'une entente était intervenue entre Ottawa et Québec dans le dossier de cette famille d'origine française installée au Québec depuis six ans.

Mis à jour le 20 avr. 2011
Denis Lessard LA PRESSE



«Nous avons été en contact avec le fédéral. Le Québec va renouveler le certificat de sélection émis pour cette famille en 2007 et le transmettre avec une lettre pour confirmer sa volonté que les Barlagne restent au Québec», a expliqué mardi Renaud Dugas, porte-parole de la ministre. C'est Ottawa qui par la suite confirmera directement la décision aux parents.

Les Barlagne étaient menacés d'expulsion à cause de la paralysie cérébrale de leur fille Rachel, considérée comme un «fardeau excessif pour les services sociaux».

L'avocat de la famille, M. Stéphane Minson, soutient que la ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil s'est engagée à permettre aux Barlagne de rester au Canada. «On a pour l'instant une déclaration de la ministre québécoise qui s'engage à ce que la famille puisse rester au Québec. On ne sait pas encore la manière, mais c'est une déclaration d'intention très forte de la part du Québec», a dit l'avocat. Il peut s'écouler quelques jours, voire quelques semaines, avant que ces confirmations ne parviennent d'Ottawa, mais elles ne font pas de doute, selon lui.

Longue bataille

La famille Barlagne se bat sans relâche pour rester au Québec depuis des années.

«Jamais, jamais on n'aurait baissé les bras», lance Sophie Barlagne, en expliquant que la période la plus difficile est survenue il y a trois ans, lorsque son mari et elle ont reçu l'avis d'expulsion du gouvernement.

«Je pense que tout le monde, dans cette histoire, que ce soit le gouvernement ou la population, a compris le cri de notre famille et a compris la douleur dans laquelle on était», a fait valoir Mme Barlagne.

La mère de famille dit avoir puisé son énergie auprès de son mari et de ses enfants, mais aussi «dans le fait de pouvoir enfin donner la voix à toutes les personnes handicapées et toutes les personnes qui sont porteuses d'un handicap comme celui de sa fille.

«Je ne pouvais pas accepter qu'on puisse employer de tels mots sur une personne», a affirmé Sophie Barlagne.

Solution

L'Assemblée nationale devait débattre et adopter une motion déposée mardi par le député péquiste de Deux-Montagnes, Benoît Charette. L'Assemblée demandait à Ottawa de laisser la famille rester au Canada. L'appui du gouvernement Charest était acquis. Mais on avait à la dernière minute décidé de reporter ce débat, sans doute pour donner le temps aux tractations de coulisses d'aboutir.

Une solution a été trouvée mardi, selon le cabinet de la ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil. Le dossier a évolué rapidement après les discussions qui ont eu lieu entre les deux ordres de gouvernement.

La semaine dernière, la ministre Weil avait pourtant affirmé à l'antenne de RDI qu'elle suivait le dossier, mais que celui-ci était du ressort du fédéral.

«Le Québec a la juridiction pour faire la sélection, l'accueil et l'intégration des immigrants. Mais pour ce qui est des considérations de santé, c'est vraiment le fédéral», avait-elle déclaré.

La famille Barlagne a demandé la semaine dernière au ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney, de lui octroyer un permis de séjour permanent pour des raisons humanitaires.

Jusqu'à aujourd'hui, le ministre s'y était refusé. Il a indiqué que la décision revenait au «système légal du Canada».

La famille avait tout de même obtenu l'appui très clair des trois autres partis politiques fédéraux.

David et Sophie Barlagne disent avoir été encouragés par les représentants consulaires canadiens à venir au pays pour démarrer une entreprise informatique. Selon M. Barlagne, on leur avait indiqué à l'époque que le handicap de leur fille n'allait causer aucun problème.

- Avec La Presse Canadienne