Les amendes pour excès de vitesse dans les zones de travaux routiers vont coûter deux fois plus cher à compter de jeudi.

Mis à jour le 8 mars 2011
Bruno Bisson LA PRESSE

Selon des données que le ministère des Transports du Québec a fournies à La Presse, les accidents survenus dans les chantiers ont fait au moins 10 morts et 64 blessées graves entre 2007 et 2009, en plus de causer des blessures légères à plus de 1100 personnes.

Pas moins de 15 000 constats d'infraction ont été remis à des automobilistes qui traversaient un chantier routier en 2009, dont 72% pour vitesse excessive.

En 2010, un homme de 43 ans et une jeune mère de famille dans la trentaine qui travaillaient comme signaleurs ont été tués dans des accidents à deux semaines d'intervalle, en octobre et novembre, sur la route 117, dans le parc de La Vérendrye, et sur la route 104, en Montérégie.

À la suite de ces accidents, les signaleurs routiers avaient organisé des activités de sensibilisation et ralenti la circulation sur des routes provinciales pour prier les automobilistes de lever le pied quand ils traversent des zones de travaux.

Un mois plus tard, l'Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi 71, qui prévoit notamment les sanctions qui entreront en vigueur dans deux jours.

Des précédents canadiens

Le Québec imite ainsi le Nouveau-Brunswick qui, en 2007, avait aussi décidé de doubler les amendes pour excès de vitesse dans les zones de travaux. L'amende minimale s'élève depuis à 280$. L'Ontario et la Nouvelle-Écosse ont aussi adopté des dispositions semblables dans les dernières années.

Au Québec, un automobiliste qui roule à 90 km/h dans une zone de 70 km/h serait normalement passible d'une amende de 55$. Dans une zone de travaux routiers, l'amende sera désormais de 110$.

De même, un automobiliste qui filerait à 115 km/h dans une zone de 70 km/h serait passible d'une amende de 195$. Dans une zone de chantier, l'amende sera désormais de 390$.

Points d'inaptitude

Le nombre des points d'inaptitude ajoutés au dossier du conducteur restera le même et variera selon la vitesse de l'automobiliste au moment de l'infraction. Les pénalités pour les grands excès de vitesse (plus de 45 km/h au-dessus de la limite permise) continuent de s'appliquer dans les zones de travaux comme ailleurs. Les grands excès de vitesse peuvent entraîner une suspension immédiate du permis de conduire durant 7 jours (30 en cas de récidive) ainsi qu'une amende deux fois plus élevée et le double des points d'inaptitude.

En 2011, le ministère des Transports du Québec a programmé 1645 chantiers dans le cadre de son Plan de redressement du réseau routier québécois, lancé en 2007.