Inquiétée par des menaces visant sa personne, l'une des têtes d'affiche du mouvement de grève étudiante a décidé de prendre les choses en main. Gabriel Nadeau-Dubois a officiellement porté plainte, mercredi, dans un poste de quartier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a appris La Presse.

Mis à jour le 19 avr. 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

La plainte cible un internaute qui lui aurait fait parvenir un courriel intimidant. L'individu annonce à M.Nadeau-Dubois que des gens sont à sa recherche et qu'il devrait par conséquent limiter ses apparitions publiques. Un internaute utilisant le même nom ou pseudonyme lui ferait parvenir des insultes depuis un certain temps par l'entremise des réseaux sociaux.

Joint en début de soirée mercredi, Gabriel Nadeau-Dubois a confirmé avoir officiellement porté plainte aux autorités.

«Déjà, depuis deux ou trois semaines, l'individu m'envoyait beaucoup de messages haineux sur les différents réseaux sociaux. Je les avais ignorés jusqu'à tout récemment, a-t-il relaté. Sauf qu'il y a quelques jours, j'ai reçu un courriel de sa part qui me menaçait directement et physiquement.»

Le porte-parole de la CLASSE, sous les projecteurs depuis deux mois, avoue ne pas trop savoir s'il doit prendre ces menaces au sérieux. Mais dans le doute, il dit avoir préféré ne courir aucun risque. En plus d'avoir porté plainte, il explique se «promener le moins possible seul».

Les menaces reçues par M.Nadeau-Dubois inquiètent d'autant plus ses collègues de la CLASSE que l'adresse personnelle du leader étudiant aurait circulé sur les réseaux sociaux la semaine dernière.

Le SPVM a refusé de commenter toute information en lien avec ce dossier. Les autorités ne confirment jamais le dépôt d'une plainte, a indiqué le porte-parole du Service. Selon M.Nadeau-Dubois, on lui aurait assuré que sa plainte serait traitée de façon «prioritaire» étant donné les circonstances.

Dégradation du débat

Gabriel Nadeau-Dubois affirme que le gouvernement doit accepter ses responsabilités pour la dégradation du climat social dans lequel s'inscriraient, selon lui, les menaces proférées à son endroit.

«Je pense que c'est un exemple parmi d'autres du fait que la situation est en train de s'envenimer de façon générale», a-t-il analysé. Il est persuadé que d'autres militants de son organisation font l'objet de pareilles menaces sur leur campus.

«C'est la preuve que la situation est en train de pourrir. Et la grande responsable de cette détérioration, c'est la ministre [de l'Éducation, Line Beauchamp]. C'est elle qui a laissé le conflit s'envenimer sans ouvrir un dialogue avec le mouvement étudiant», accuse le jeune leader.