Même dans ses rêves les plus fous, un adolescent de 15 ans n'avait jamais pensé entretenir un jour une relation torride avec une enseignante de son école, «la plus hot», mariée et qui avait deux fois son âge. Si l'on se fie au témoignage du jeune homme qui a témoigné mardi au procès de Tania Pontbriand, c'est pourtant ce qui lui est arrivé.

Mis à jour le 28 mars 2012
Christiane Desjardins LA PRESSE

Mme Pontbriand est accusée d'agression sexuelle et de contacts sexuels alors qu'elle était en position d'autorité. Les faits reprochés se seraient produits entre 2002 et 2004, alors qu'elle enseignait l'éducation physique à l'école secondaire Rosemère, que fréquentait le plaignant. Le garçon avait 15 ans au début de la relation,

Mme Pontbriand en avait 32. Il est aujourd'hui un étudiant dans la mi-vingtaine.

Le jeune homme a repris le témoignage qu'il avait commencé à rendre en septembre dernier, puisque le procès se déroule par à-coups. Selon ses explications, il a eu de 200 à 300 relations sexuelles avec son enseignante. Au début, celle-ci lui a déclaré son amour et a soutenu qu'ils étaient des âmes soeurs. Ils se voyaient en cachette. Selon le témoignage du garçon, ils ont eu des relations sexuelles chez elle, chez lui, à l'école, dans la voiture de madame, dans le bois, en camping... Ils se sont presque fait surprendre à plusieurs reprises, mais ils ont toujours réussi à s'en tirer, finalement.

Mme Pontbriand a mis fin à la relation au bout de deux ans, après avoir rencontré un autre homme. Le jeune homme, qui vivait alors en appartement à Montréal et était en première année de cégep, dit en avoir été très perturbé. Il a gardé le silence pour ne pas faire de tort à Mme Pontbriand. En 2007, il s'est décidé à porter plainte.

La défense a amorcé son contre-interrogatoire en après-midi, mardi. Me Isabelle Patoine a interrogé le garçon sur un travail sur soi de 50 pages que le garçon avait réalisé en une douzaine d'heures en 9e année. Mme Pontbriand lui avait accordé une note de 99% pour ce travail. Plus tard, au cours de leur relation, elle aurait ajouté des notes à double sens dans les marges du document. Le procès se poursuit aujourd'hui à Saint-Jérôme.