Le jury chargé de juger Tony Conte devait décider s'il accordait de la crédibilité à sa rocambolesque version des faits. Il ne l'a pas cru et l'a donc déclaré coupable, vendredi, de complot et de possession de drogue en vue d'en faire le trafic.

Mis à jour le 20 janv. 2012
David Santerre LA PRESSE

Les jurés qui délibéraient depuis mercredi en fin de journée ont annoncé qu'ils étaient prêts à rendre un verdict en fin d'après-midi.

Tout le monde est entré dans la salle. L'acteur déchu s'est assis dans le box des accusés et sa compagne, dans la salle avec le public.

«Coupable», a prononcé à deux reprises le président du jury quand la greffière lui a demandé sur quel verdict les jurés s'étaient entendus à propos des deux chefs d'accusation.

Conte est demeuré figé, debout dans le box, alors que sa conjointe a fondu en larmes.

Me David Simon, procureur aux poursuites criminelles et pénales, a réclamé que Conte soit immédiatement incarcéré puisqu'une longue peine de prison sera réclamée contre lui.

Mais la juge de la Cour supérieure Sophie Bourque s'est rendue aux arguments de l'avocate de Tony Conte, Me Annie Émond, comme quoi en deux ans de processus judiciaire, il est demeuré libre sans jamais faire faux bond à la justice. On a cependant fixé une date rapprochée pour les plaidoiries sur la peine, qui auront lieu le 2 février.

Le comédien, qui a déjà joué le rôle d'un fier-à-bras de la mafia dans la télésérie Omertà, devra s'attendre à passer un certain temps derrière les barreaux.

Plus tôt en matinée, le jury s'était adressé à la juge Bourque pour avoir des précisions sur la façon d'évaluer la crédibilité des témoins. De toute évidence, c'était le point crucial de leur réflexion.

30 kg de cocaïne

Rappelons que Conte, selon la preuve de la Couronne, a joué un rôle important dans une tentative d'importation de 30 kg de cocaïne pour la somme de 500 000$.

Il s'est fait arrêter dans une chambre de l'hôtel des Gouverneurs de la Place Dupuis à Montréal, le 29 octobre 2008, alors qu'il s'était retrouvé avec deux agents doubles. Des complices liés aux cartels de la drogue mexicains ont aussi été arrêtés et condamnés.

Au procès, il a offert une version des faits pour le moins loufoque, affirmant s'être retrouvé dans cette chambre d'hôtel par hasard, alors qu'il devait aller s'y enquérir de l'état de santé d'un visiteur mexicain à la demande d'un ami.

Il a aussi affirmé ne rien comprendre aux messages textes incriminants reçus sur son téléphone portable, qui contenaient «30» et «deal», jurant notamment ne pas comprendre la langue dans laquelle ils étaient rédigés, soit l'anglais. Il a aussi dit qu'il ne savait pas se servir de ce type de messagerie et, donc, ne jamais avoir lu cestextos.

Le procureur s'est dit satisfait du verdict, mais a refusé de dévoiler le nombre d'années de prison qu'il réclamerait contre Conte.