La police de Montréal tente de déterminer si une campagne de dénigrement sur le web lancée par l'humoriste Gabriel Roy pourrait être à l'origine d'un incendie criminel survenu tôt ce matin dans un concessionnaire Kia de Pointe-aux-Trembles à Montréal.

Mis à jour le 31 août 2011
Daphné Cameron LA PRESSE



L'affaire a débuté lundi lorsque M. Roy a publié sur son blogue «Le vrai Gab Roy» une vidéo dénonçant le fait qu'une amie avait eu du mal à se faire rembourser un dépôt de 500$ effectué après l'offre d'achat d'un véhicule. La séquence de sept minutes reprend la conversation animée qu'a eu le directeur des ventes, Jean-Pierre Lavallée, la cliente, Geneviève Denault, qui est une ancienne participante à l'émission de téléréalité Loft Story, et M. Roy pour tenter de récupérer l'argent.

Lors de la conversation, M. Roy affirme que le 500$ a été perçu «complètement illégalement». Ce à quoi M. Lavalée répond: «Ouin pis?».

L'argent a finalement été restitué à Mme Denault, mais le lendemain de l'incident, M. Roy a invité les internautes à téléphoner et envoyer des courriels pour faire pression sur ce concessionnaire «un peu croche» qu'il a rebaptisé Kia «Pointe-aux-Troubles». Une page Facebook intitulée «Complexe Kia Montréal = crosseurs» a également été créée.

Incendie criminel et vandalisme

Un incendie d'origine criminel a éclaté dans la nuit d'hier à aujourd'hui dans l'entrepôt de pièces d'autos du concessionnaire, qui est situé à l'angle de la rue Sherbrooke et de la 3e avenue. Les pneus d'une trentaine de véhicules ont également été crevés. Les dommages pourraient s'élever à 200 000$.

Pour l'instant, le Service de police de la Ville de Montréal n'est pas en mesure de déterminer si la campagne internet aurait pu inciter des malfaiteurs à commettre ces crimes ou s'il s'agit d'un hasard. «Parallèlement aux recherches sur le terrain, nous avons des enquêteurs qui vont analyser tout le volet web. C'est une piste qui ne peut pas être écartée», a affirmé Olivier Lapointe, porte-parole au SPVM.

Ce matin, de nombreux employés ont affirmé qu'ils étaient persuadés qu'il y avait un lien entre la campagne de dénigrement et l'incendie. Des employés ont affirmé que plus de 300 appels avaient été logés hier au concessionnaire pour les traiter de «gang de crosseurs» ou de «Pointe-aux-Troubles». Le directeur des ventes, Jean-Pierre Lavallée, a affirmé qu'il avait fait l'objet de menaces de mort. Sous le choc, il a refusé de nous accorder une entrevue.

«Nous n'avons aucune preuve, mais c'est difficile de ne pas relier les deux», a affirmé l'un des associés de l'entreprise, Paolo Dias.

Gabriel Roy se défend

Dans une entrevue accordée à Cyberpresse, Gabriel Roy, a affirmé qu'il n'a jamais voulu inciter des actes de violence ou de vengeance. À son avis, envoyer des lettres et des courriels est une bonne manière de protester contre des entreprises fautives. «J'ai voulu exposer au grand jour ce qu'il s'était produit. Après, les gens ont le libre arbitre de choisir leur concessionnaire.»

L'humoriste Gabriel Roy est connu pour son langage cru. Selon son estimation, environ 200 000 personnes visitent son blogue chaque mois.