Julien Leclerc, ce jeune homme néonazi accusé d'avoir attaqué et blessé deux hommes, dont un chauffeur de taxi, par racisme, la nuit du 24 août 2008, a été déclaré coupable de voie de fait grave, voie de fait et méfait, cet après-midi au palais de justice de Montréal.

Christiane Desjardins LA PRESSE

Les incidents ont commencé sur la rue Sainte-Catherine, cette fameuse nuit d'août 2008, alors que M. Leclerc et un complice de 17 ans s'en sont pris à un groupe d'arabes qu'ils ont croisé. M. Leclerc a tenu Moussa Daoui, pendant que son complice le poignardait. M. Daoui a subi trois graves lacérations à la tête, qui ont nécessité une cinquantaine de points de suture.

Par la suite, Leclerc, son complice et une femme, sont montés dans un taxi conduit par un homme d'origine haïtienne. Les deux jeunes hommes ont insulté le chauffeur en le pressant d'aller plus vite, puis lui ont donné des coups dans le dos. Le pauvre homme a réussi à sortir de son taxi. Les deux agresseurs s'en sont alors pris à la voiture elle-même, causant pour plus de 1000 $ de dommages.

Leclerc a le mot «white power» gravé tout le long d'un bras, et d'autres inscriptions racistes sur la poitrine. Mais au procès, il prenait soin de camoufler ses allégeances sous ses vêtements. Au sujet des incidents, il a offert des explications alambiquées qui n'ont pas du tout convaincu le juge Pierre Labelle. Le magistrat a déclaré le jeune homme coupable.

Les représentations auront lieu cet automne, puisque la défense a demandé la rédaction d'un rapport avant sentence. Leclerc, qui a quitté Montréal pour s'établir à Magog, reste en liberté en attendant. En ce qui concerne le jeune complice, il a lui aussi été déclaré coupable, mais le procès s'est tenu au Tribunal de la jeunesse.