Jean-François Harrisson a comparu cet après-midi, et reste détenu au moins jusqu'à son enquête sous cautionnement, qui se tiendra mardi.

Mis à jour le 28 janv. 2011
Christiane Desjardins LA PRESSE

Quand l'accusé de 36 ans est entré dans le box, cet après-midi, le juge Gilles Cadieux lui a demandé s'il était représenté par avocat. «Je suis le représentant de M. Harrisson en tant qu'avocat de fait», a-t-il dit. Il a été informé qu'il était accusé de bris d'engagement, pour ne pas s'être présenté en cour jeudi.

«J'accepte cette accusation conditionnellement à ce que Me Gauvin dise que cette affaire n'est pas réglée» a bizarrement rétorqué Harrisson. Il a alors prétendu qu'il avait une entente avec la Couronne, alors qu'il n'en est rien, selon Me Anne Gauvin. Le juge Gilles Cadieux s'est montré ferme et a reporté l'enquête sous cautionnement à mardi.

Harrisson semblait surpris et évidemment déçu de devoir rester en prison. Un ami, Clermont Jolicoeur, comédien lui aussi, qui se trouvait dans la salle d'audience, s'est alors levé pour dire qu'il devait mille dollars appartenant à M. Harrisson, et qu'il voulait les lui donner dès ce moment. En brandissant une liasse d'argent, il s'est exclamé: «Je veux juste m'assurer que mon ami a l'argent nécessaire pour sa défense.»

Les constables spéciaux l'ont obligé à sortir de la salle.

Rappelons que Harrisson a été cueilli chez lui par les policiers, jeudi, après que le juge Gilles Cadieux eut émis un mandat d'arrestation contre lui. Ceci parce que Harrisson ne s'était pas présenté devant la Cour du Québec en matinée, comme il devait le faire.

Harrisson, qui s'est fait connaître dans des émissions jeunesse, notamment à VRAK-TV, est accusé de possession et distribution de pornographie infantile. C'était la deuxième fois depuis que les procédures ont été entreprises contre lui, en mars 2009, qu'il n'était pas présent à la Cour. La première fois, en novembre dernier, Harrisson avait soutenu qu'il croyait qu'il n'avait pas à être là. Son excuse avait finalement été acceptée.

Cette semaine, il avait décidé unilatéralement qu'il n'irait pas. Il a d'ailleurs envoyé des documents de plusieurs dizaines de pages à la juge en chef, pour expliquer son absence.

Les documents devaient être assez confus, car le juge Cadieux s'est interrogé sur l'état mental de l'accusé.

M. Jolicoeur, qui se dit un bon ami de M. Harrisson, ne semble pas avoir de doutes sur l'état mental de ce dernier, et trouve qu'il se défend bien. «Il se défend comme une panthère noire», dit-il. Selon lui, il est victime de graves atteintes à sa réputation. M. Jolicoeur dit que Harrisson n'a pas les moyens de payer un avocat.

Des journalistes ont fait valoir qu'il pourrait être représenté par l'Aide juridique. Jolicoeur a vite éludé cette proposition. «L'Aide juridique? Voyons, c'est une superstar. Une superstar qu'on veut faire passer comme déchue.»