Les recherches se poursuivent pour une troisième journée consécutive, dans l'espoir de retrouver le pêcheur porté disparu en fin de semaine dans la rivière des Mille-Îles.

Hugo Meunier LA PRESSE

Mathieu Plante, un pêcheur aguerri de 34 ans, manque à l'appel depuis samedi après-midi. Sa chaloupe a été aperçue à la dérive à la hauteur de Rosemère. Sa voiture était garée dans le stationnement d'un parc riverain.

Les plongeurs de la Sûreté du Québec ont remis des embarcations à l'eau lundi matin. En plus des plongeurs de la SQ. un poste de commandement de la police de Sainte-Thérèse-de-Blainville a également été dépêché sur place. «Aujourd'hui, nos recherches s'effectuent dans une zone qualifiée de «probable», explique l'agent Jonathan Germain. La police ignore ce qui s'est passé entre le moment où M. Plante a mis son embarcation à l'eau et celui où une dame a signalé aux autorités sa chaloupe à la dérive. «C'est pourtant un très bon pêcheur, il nous manque un morceau au casse-tête», résume l'agent Germain.

Quelques membres de la famille et des bénévoles assistaient aux recherches de la berge, bien emmitouflés pour se protéger contre le froid. Quelques proches ont grimpé à bord de leurs propres embarcations pour sonder le fond de l'eau à l'aide de perches. D'autres arpentaient le boisé qui longe la rivière dans la zone des recherches, située devant le parc Charbonneau.

La conjointe du disparu faisait les cent pas sur la rive, soutenue par un proche.

Un champ de mines

Un peu plus loin, Francis Monaco, un camarade de pêche de Mathieu Plante, venait prendre des nouvelles, flanqué de son fils de deux ans. Ce guide de pêche semble dépassé par la disparition de son ami, pourtant un fin connaisseur de la rivière, où il avait ses habitudes. «On pêchait toujours dans le coin, près du pont. À cette période de l'année, il est sûrement venu pour l'Achigan à petite bouche ou le Maskinongé. C'est quelqu'un qui connaissait vraiment le coin», raconte M. Monaco. «Ce n'est pas un gars imprudent, quand l'eau était basse, il connaissait les passages. Savoir qu'il est peut-être au fond de l'eau, c'est un choc...», ajoute le guide de pêche.

Mieux vaut bien connaître la rivière des Mille-Îles avant de s'y aventurer, avertit M. Monaco. «C'est un champ de mines, il y a des roches, c'est hallucinant!»

Pour Mathieu Plante, la pêche était plus qu'un passe-temps, c'était une passion. Ce père d'une fillette de quatre ans prenait d'ailleurs part à des compétitions de pêche. Il travaillait aussi comme déneigeur. Daniel Bissonnette était un de ses clients. «Je le connaissais depuis 15 ans, c'est un chic type, un vrai champion. C'est vraiment une grosse perte », soupire l'homme, en balayant du regard les eaux de la rivière.

Comme lui, les gens rencontrés sur la berge ne se bercent pas d'illusions et parlent du pêcheur disparu au passé.

Assise sur un rocher devant la rivière, cette amie de la victime estime qu'il est urgent de retrouver son corps, seule façon d'entreprendre le deuil.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Des proches du pêcheur disparu se sont rassemblés sur les berges de la rivière des Mille-Îles, lundi matin.