Après avoir analysé l'ordinateur de David Abitbol, la Sûreté du Québec déposera de nouveaux éléments de preuve contre ce Montréalais de 28 ans accusé d'avoir proféré des menaces sur Internet contre des anciens professeurs et camarades de l'école primaire.

Mis à jour le 4 oct. 2010
Catherine Handfield LA PRESSE

C'est ce qu'ont indiqué cet après-midi les procureurs de la Couronne et de la défense lors d'une brève comparution de l'accusé au palais de justice de Montréal. En conséquence, ils ont demandé au juge de repousser l'enquête sur remise en liberté à mercredi afin d'être en mesure de prendre connaissance des nouveaux éléments.

«Les policiers ont saisi différents objets et procèdent à différentes analyses, a indiqué le procureur de la Couronne, Steeve Larivière. D'ici mercredi, on devrait être capable d'avoir des rapports préliminaires qui seront divulgués à la défense.»

Lorsque son fils est arrivé dans le box des accusés, menotté et entouré de deux constables spéciaux, Michèle Abitbol s'est levée pour lui signifier sa présence. «David!», a-t-elle lancé en lui tendant la main. Au terme de sa comparution, David Abitbol a discrètement salué sa mère d'un signe de la main.

Par ailleurs, des criminologues rattachés à l'Institut Philippe-Pinel ont évalué le jeune homme lundi matin à la demande la Couronne, qui souhaite ainsi évaluer sa responsabilité criminelle.

«La nature des accusations et de la situation nous incitent à nous poser de sérieuses questions, a indiqué Me Steeve Larivière à sa sortie de la salle d'audience. Nous voulons savoir avec quel genre d'individu nous avons affaire.» La Couronne a refusé de divulguer les résultats de l'évaluation.

David Abitbol a été accusé samedi de menaces et d'entreposage illégal d'armes à feu. La SQ lui reproche d'avoir proféré des menaces de mort contre des anciens professeurs et camarades de classe sur des réseaux sociaux au courant de la semaine dernière.

Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) l'ont arrêté dans la nuit de vendredi à samedi au domicile de ses parents, boulevard Gouin Est, dans l'arrondissement de Montréal-Nord. Ils ont saisi cinq armes à feu, plusieurs cartouches et du matériel informatique chez lui.

Hier, lors d'un entretien téléphonique avec La Presse, l'accusé a affirmé qu'il «blaguait» lorsqu'il a écrit sur Internet qu'il voulait tuer des anciens professeurs et camarades de son école primaire. «C'était des niaiseries», a-t-il réitéré à maintes reprises.

Une amie de David Abitbol lui a offert son soutien sur Facebook, où l'accusé utilise le pseudonyme David Darkiller.

«Ouais David, on est avec toi! a écrit Jessica Bélair. On pense à toi... Ils vont finir par se rendre compte que t'es un bon gars avec un bon coeur... Ton seul défaut c'est de manquer de sérieux, par ce fait même, t'exagères souvent et tu niaises tout le temps!»

«Et qu'ils sachent que ton pseudonyme «Darkiller» vient de ta passion des jeux online, a-t-elle ajouté. (...) T'es bon dans les jeux online, mais tu ne tuerais jamais une mouche. Ta passion des armes à feu et le club de tire c'est ta vie... Et maintenant ils ont fait une mauvaise addition... Pauvre toi David!!!! Reste fort!»

Sa «passion» pour les armes à feu est bien visible sur son site Facebook. Sur sa photo de profil, on peut voir trois de ses armes. Dans l'onglet «citation favorite», il écrit: «Death is the only solution».

David Abitbol, 28 ans, a été accusé d'avoir proféré des menaces de mort sur Internet.