L'enquête de l'émission française Les infiltrés sur les cyberprédateurs sexuels a mené, en décembre dernier, à l'arrestation d'un Québécois, Camil Girard. L'homme, qui avait déjà été reconnu coupable d'agressions sexuelles sur cinq enfants dans les années 90, a fait de troublantes révélations qui soulèvent des interrogations sur le traitement et la surveillance des pédophiles.

Mis à jour le 8 avr. 2010
Daphné Cameron LA PRESSE

Une partie du documentaire réalisé par Les infiltrés a été diffusée mardi soir dans le cadre de l'émission Enquête de Radio-Canada.

 

Le journaliste français Laurent Richard a clavardé avec Camil Girard en 2008 et échangé avec lui des photos d'enfants victimes d'agressions sexuelles. Après quelques contacts, il a tenté de rencontrer son correspondant. En novembre 2008, le journaliste a débarqué à Montréal et a rencontré Girard à deux reprises. Il a visité notamment son appartement où les murs sont couverts d'images d'enfants dénudés. Girard lui a également montré sa collection de matériel de pornographie juvénile.

«C'est toutes des photos que j'ai trouvées sur l'internet. J'en ai des centaines de milliers, je vous le dis, là, c'est incroyable le stock que j'ai. C'est fou!» lance Girard dans le documentaire, filmé à son insu.

Lors de la deuxième rencontre, qui se déroule dans le parc du Mont-Royal, Girard affirme que les thérapies qu'il a suivies en prison n'ont pas été efficaces.

«Ça n'a rien donné, c'est dans ma tête, puis c'est là pour le restant de mes jours. Le goût est là, c'est un goût que t'as, c'est naturel», dit-il. «En prison, avec leur thérapie, ils t'alimentent! Ils t'alimentent pour voir tes réactions. J'ai dit : «Moi, vous voulez m'alimenter? Alimentez-moi, allez-y, j'suis là, j'suis prêt.» Ça m'a pas dissuadé pantoute.»

Selon l'animateur d'Enquête, Alain Gravel, Camil Girard a été dénoncé par Laurent Richard en novembre dernier. À la mi-décembre, des policiers de la Sûreté du Québec se sont présentés à son domicile pour l'arrêter.

L'homme de 51 ans fait face à des accusations de possession et de distribution de matériel de pornographie juvénile. Il est présentement incarcéré, en attente de son procès.

En 1996, Camille Girard a plaidé coupable à 13 accusations, dont celle d'avoir agressé sexuellement cinq mineurs âgés de 8 à 13 ans. Il fréquentait les garçons par l'entremise de l'organisme les Grands Frères du Saguenay. Il a été libéré de prison en 2005.