La Ville de Montréal est à calculer combien lui coûtent les manifestations étudiantes organisées pratiquement tous les jours depuis près d'un mois afin de demander l'aide financière du gouvernement provincial. L'administration Tremblay compte revenir à la charge pour demander un financement spécial pour assumer son rôle -et surtout les inconvénients financiers- de métropole.

Publié le 15 mars 2012
Pierre-André Normandin LA PRESSE

«J'ai demandé aux services municipaux de calculer le coût [de ces manifestations] pour dire que nous ne pouvons pas continuer comme ça et nous avons besoin de l'aide du gouvernement pour le financement de la Ville. Il y a un coût», a indiqué aujourd'hui le président du comité exécutif, Michael Applebaum.

Le bras droit du maire s'inquiète que les manifestations privent les Montréalais de la protection policière à laquelle ils ont habituellement droit. «Nous avons un nombre limité de policiers. Ils ont un travail à faire en temps normal, mais s'ils passent leur temps à gérer ces manifestations, c'est clair qu'ils ne font pas le reste de leur travail», constate M. Applebaum.

La Ville n'enverra pas de facture au gouvernement à proprement parler pour les manifestations, mais souhaite relancer sa vieille réclamation pour une aide financière pour jouer son rôle de métropole. L'administration Tremblay a maintes fois réclamé une «prime à la métropole» de 35 millions. «Montréal est la métropole du Québec et toutes les manifestations y sont tenues. Et il y a un coût. Quand nous dépensons de l'argent pour gérer ces manifestations, ça fait mal à nos finances et ça veut dire que des services de base vont être mis à mal. Le gouvernement doit réaliser que nous sommes spéciaux, nous avons des besoins spéciaux et qu'ils doivent nous soutenir. Nous ne pouvons pas continuer à soutenir financièrement toutes ces activités qui se produisent dans notre ville.»

Le président du comité exécutif ne remet pas en question le droit de manifester, mais s'inquiète de l'impact économique que risquent d'avoir les manifestations si elles se poursuivent.

«Nous sommes inquiets pour la sécurité, mais aussi pour les impacts sur l'activité commerciale et pour l'usage des fonds publics.»

Des manifestations se tiennent à Montréal sur une base régulière depuis le 20 février de la part d'étudiants opposés à la hausse des droits de scolarité imposée par le gouvernement Charest dans le dernier budget. Le mouvement doit culminer avec une manifestation nationale le 22 mars, à Montréal.