Avec un taux de recyclage de 53%, l'île de Montréal est bien loin de l'objectif fixé par Québec de 60% pour 2008, indique le plus récent Portrait des matières résiduelles, publié hier. Les cancres parmi les 19 arrondissements et 15 municipalités de l'agglomération? Montréal-Nord et Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, avec des taux de 42% et 45% en 2010, année de référence de l'étude.

Karim Benessaieh LA PRESSE

Les champions se retrouvent chez les villes défusionnées, avec un résultat de 68% pour Westmount et 67% pour Pointe-Claire. Dans la ville de Montréal, Verdun (66%), Ville-Marie (64%) et Outremont (64%) font également bonne figure.

Cette deuxième présentation montre l'évolution de l'agglomération de Montréal entre 2006 et 2010, quatre années «dont nous pouvons être fiers», estime le maire Gérald Tremblay en introduction. On note, détail encourageant, que la quantité d'ordures ménagères a baissé de 3,6% de 2006 à 2010. En fait, le citoyen a jeté 324 kg d'ordures en moyenne en 2010, une baisse de 19 kg en quatre ans.

Qui reçoit les déchets de la métropole? Le plus gros est allé au terrain de Saint-Thomas-de-Joliette (34%), suivi par Sainte-Sophie (26%) et Lachenaie (23%).

Autre bonne nouvelle, entre 2006 et 2010, et même s'il n'a pas atteint l'objectif de 60%, le taux de récupération est tout de même passé de 37 à 53%. On note que le taux a stagné entre 2009 et 2010, car plus de déchets ont globalement été générés. Ce sont plus de 41 000 tonnes de matières recyclables supplémentaires qui ont été collectées, pour un total de 159 000 tonnes. Le Montréalais moyen en a ainsi produit 84 kg en 2010.

On relève également que le programme de récupération des appareils issus des technologies de l'information et de communication (TIC), extrêmement polluants, a permis de recycler 1064 tonnes en 2010.

La récupération de matières organiques a cependant été négligeable dans l'île cette année-là, avec un taux de 10% ou 22 kg par personne. Les bons élèves de l'île se trouvent à Mont-Royal, où on récupère 45% des matières organiques, et à Senneville, à 42%. Dans Ville-Marie, le phénomène est pratiquement inexistant, à 2%, tandis que six autres arrondissements affichent des taux sous les 5%.

Sur une note nettement moins encourageante, on constate que, toutes catégories confondues, l'île de Montréal a produit plus de 1 million (1 008 552) de tonnes de matières résiduelles en 2010. De cette montagne de déchets, seuls 37% sont allés à la récupération, tandis que les deux tiers, 659 888 tonnes, sont allés à l'élimination.