Après avoir dit qu'il s'oppose à un péage sur le nouveau pont Champlain, le ministre québécois des Transports, Pierre Moreau, a nuancé ses propos. Son collègue des Finances, Raymond Bachand, est quant à lui favorable au péage.

Mis à jour le 5 oct. 2011
Tommy Chouinard LA PRESSE

En matinée, Pierre Moreau a affirmé: «J'ai déjà indiqué clairement que je ne suis pas favorable à ce qu'il y ait un péage entre les rives et l'île de Montréal. Pour moi, ce n'est pas un privilège de travailler sur l'île de Montréal pour les gens qui sont là. Et les gens qui travaillent à Montréal contribuent à l'essor économique de la ville de Montréal.»

Comme le pont Champlain est une structure fédérale, «je ne peux pas faire plus que de demander au fédéral de prendre en considération qu'à mon point de vue ce n'est pas la solution», le péage, ajoutait-il.

Relancé plus tard par Cyberpresse sur son opposition au péage, M. Moreau a répondu : «Ce n'est pas ça que j'ai dit. Vous pouvez l'écrire, ça ne me dérange pas, mais ce n'est pas ça que j'ai dit».

Il a affirmé que «le péage est une question qu'il faut examiner en détail, dans des situations particulières». «Dans le cas du pont Champlain, il y a un problème quant au transit local. Les gens de Brossard et de Longueuil ne peuvent pas être traités différemment. Les gens de Brossard qui doivent aller travailler à Montréal, ce n'est pas un privilège pour eux de se rendre à Montréal. Et quelqu'un de Longueuil pourrait transiter sur le pont Jacques-Cartier et ne pas payer. Moi je ne peux pas demander au transit local de prendre l'hélicoptère pour se rendre au pont Jacques-Cartier ou se rendre à un autre pont où il n'y a pas de péage», a-t-il expliqué.

Pierre Moreau a fait valoir que le gouvernement n'est «pas dogmatique» au sujet du péage. Il a construit en PPP un pont à péage reliant Laval et Montréal. «C'est un nouveau service où là vous avez des options additionnelles et où il y a une acceptation sociale», a-t-il noté.

De son côté, le ministre des Finances, Raymond Bachand, se dit en faveur d'un péage. Il reconnaît toutefois que «ça peut créer pour des populations locales, celles de Brossard, un problème particulier pour lequel il faut trouver une solution».
Selon lui, le péage est acceptable lorsqu'une nouvelle infrastructure offre des «services additionnels». «Si le pont Champlain est plus large, a plus de voies, on n'est pas opposé au péage dans ces circonstances-là. Au contraire, ça permet de payer nos infrastructures», a-t-il expliqué.

Les deux ministres ont fait des commentaires avant la conférence de presse du ministre fédéral des Transports, Denis Lebel. Comme La Presse le révèle ce matin, le gouvernement Harper annoncera aujourd'hui qu'il s'engage à construire un nouveau pont à péage entre Montréal et la Rive-Sud afin de remplacer le pont Champlain vieillissant.