Paola Ortiz est mexicaine. Arrivée au Canada en 2006, elle a vu sa demande d'asile rejetée et craint maintenant d'être expulsée vers son pays d'origine. La jeune femme est pourtant non seulement mariée à un Canadien, mais elle est aussi mère de deux jeunes enfants nés ici.

Anabelle Nicoud LA PRESSE

La jeune femme soutient avoir été victime de violences physiques et sexuelles au Mexique. Les agressions de son ancien conjoint, agent de la police fédérale, l'ont poussée à fuir son pays. Elle a depuis donné naissance à deux enfants et espérait obtenir l'asile politique au Canada, mais la Commission d'immigration et du statut du réfugié du Canada (CISR) estime que les autorités mexicaines protègent suffisamment les femmes victimes de violences.

«Au Canada, on prétend qu'il existe une protection de l'État au Mexique. Évidemment, là-bas, personne ne croit ça», dit l'avocat de Paola Ortiz, Stewart Istvanffy. En 2009, indique-t-il, la Cour interaméricaine des droits de l'homme s'est prononcée contre le Mexique au sujet des morts violentes de trois femmes à Ciudad Juárez. «Il y a une violation systématique des droits de la personne. Il n'y a pas de protection au Mexique», poursuit-il.

La jeune femme a alors fait une demande de résidence permanente pour laquelle elle est parrainée par son mari canadien. Elle a obtenu son certificat de sélection du Québec (CSQ) et son dossier est toujours en traitement du côté fédéral. Pourtant, la menace d'expulsion est toujours réelle. «Si on a un CSQ, pourquoi veut-on déporter les gens alors qu'il y a une acceptation ici?», s'interroge son avocat.

Paola Ortiz doit rencontrer demain un agent de renvoi. Elle craint de recevoir alors sa date d'expulsion. «Elle s'affole», dit Me Istvanffy. La jeune femme, encore traumatisée par son passé, s'inquiète aussi pour ses deux enfants, citoyens canadiens, qui, à 4 et 2 ans, font l'objet d'un suivi médical: l'aînée souffre d'un problème auditif et le cadet a été diagnostiqué autiste.

Paola Ortiz espère maintenant obtenir sa résidence permanente, afin de pouvoir poursuivre sa vie ici.

Le Mexique est l'un des 10 pays d'où proviennent la grande majorité des demandeurs d'asile au Canada.