Malgré la mise en place d'un programme d'égalité en emploi, la fonction publique montréalaise est encore trop blanche et homogène, a déploré aujourd'hui la chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui demande qu'une campagne soit mise sur pied pour embaucher davantage de membres des minorités.

Gabriel Béland LA PRESSE

La chef de l'opposition officielle a convoqué une conférence de presse pour dénoncer «le quasi-échec» de la politique de la Ville en matière de diversité. Chiffres à l'appui, elle a rappelé que les minorités visibles et ethniques représentent 31% de la population montréalaise, alors qu'elles ne constituent que 13% de la fonction publique.

«Ça ne bouge pas depuis cinq ans et le portrait est désolant, a dit Louise Harel. Un constat de demi-échec s'impose. Il faut absolument mettre en branle des démarches pour améliorer le score de Montréal en matière d'intégration.»

La Loi sur l'accès à l'égalité en emploi dans les organismes publics oblige depuis 2001 les municipalités de plus de 100 employés à se doter d'une politique d'intégration. Mais celle de Montréal n'a pas porté ses fruits, déplore Louise Harel.

Selon elle, seule une «vaste campagne» pourra changer le visage de la fonction publique montréalaise. Vision Montréal estime aussi que la refonte du processus d'embauche adoptée la semaine dernière pourrait contribuer à la solution.

Les élus ont en effet adopté dans la division un projet qui prévoit la création d'un guichet d'emploi unique. À l'heure actuelle, les personnes qui désirent travailler à la Ville peuvent soumettre leur candidature à 34 endroits différents -19 arrondissements et 15 unités administratives.

Dès le mois de novembre, une seule instance sera chargée de recevoir les CV et de créer une liste de candidats. Cette centralisation devrait faciliter l'intégration des minorités, croit Vision Montréal.

«Ça va mettre fin à l'éparpillement. Il fallait un plan d'ensemble, des objectifs de résultats et une visibilité qui assurent la réussite, a expliqué Mme Harel. Avant, chaque arrondissement pouvait avoir ses propres concours, ses jurys d'évaluation. Tout ça, depuis cinq ans, joue en défaveur du programme d'égalité en emploi.»

À la Ville, on se dit «nettement préoccupé» par ces chiffres, qui étaient d'ailleurs déjà connus par l'Administration, a expliqué le directeur du capital humain de la Ville de Montréal, Jean-Yves Hinse.

M. Hinse estime lui aussi que la centralisation du processus d'embauche rendra plus facile l'atteinte des objectifs de la Ville en matière de diversité. «On s'attend à faire des percées importantes dans les prochaines années», a assuré M. Hinse.