L'apparition-surprise de publicité sur les vélos BIXI suscite la grogne... et le vandalisme. Plus de 700 personnes, dont le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, et son collègue de Projet Montréal, Alex Norris, ont donné leur appui à la campagne Facebook «BIXI sans pub».

Karim Benessaieh LA PRESSE

Les commentaires d'internautes ulcérés y pullulent, dénonçant «l'invasion publicitaire», menaçant l'organisme de désabonnement et qualifiant même les garde-boue décorés de publicité de «dangereux».

«Nous avons donné naissance à ce bébé, avec l'argent de nos taxes, écrit par exemple un usager, Allen McInnis. Laissez-nous, nous les investisseurs initiaux, avoir du fun avec un BIXI sans saloperies!»

D'autres internautes, anonymes, ont choisi le canal YouTube pour mettre en ligne leurs actions: on trouve ainsi une vidéo montrant un usager du BIXI qui recouvre de ruban adhésif opaque les publicités d'une dizaine de vélos. Sur le site du blogueur de The Gazette Andy Riga, plusieurs photos montrent des publicités barbouillées au feutre.

Des avis partagés

«Ce genre de vandalisme était prévisible même si je ne peux approuver ça, dit Alex Norris, conseiller du district Mile End, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Ces pubs, c'est de très mauvais goût. Ça suit malheureusement une tendance généralisée: ça banalise l'espace public et ça le rend inintéressant.»

Les avis sont toutefois plus partagés sur la page officielle Facebook de BIXI, suivie par quelque 8000 personnes. Aux abonnés irrités se mêlent quelques personnes qui félicitent l'organisme. «Je ne vois aucun inconvénient à la publicité sur les BIXI, écrit un usager, Jérôme Tapp. Je suis bien content de profiter de ce superbe service pour un si bas prix. Sans la publicité, il faudra augmenter le prix et les gens vont se plaindre encore plus.»

La porte-parole de BIXI n'a pas rappelé La Presse. L'organisme a cependant mis en ligne une longue réponse, reconnaissant avoir «reçu dernièrement plusieurs commentaires» sur la publicité et affirmant en avoir pris bonne note. «Londres, Minneapolis, Oslo, Copenhague et Miami affichent leurs commanditaires de la même façon que nous le faisons ici à Montréal, précise-t-on. L'acceptabilité des partenaires est bonne ailleurs dans le monde, puisque ces partenariats permettent des améliorations au service et au système, pour le bénéfice des usagers.»

Des revenus bienvenus

On rappelle que les tarifs sont restés les mêmes que l'an dernier, et que l'offre a été améliorée, puisque les abonnés peuvent maintenant utiliser leur vélo pendant 45 minutes sans facturation supplémentaire. On évalue par ailleurs le déficit d'exploitation du système de Montréal à 7 millions de dollars, mais, grâce aux ventes internationales, les bénéfices globaux ont été de 1,5 million en 2010. «La commandite de notre système est essentielle pour assurer la rentabilité de BIXI à Montréal et elle fait partie de notre modèle d'affaires», peut-on lire.

On ignore combien la Société de vélo en libre-service, gestionnaire de BIXI, a obtenu en échange des espaces publicitaires sur les vélos.