Alors que la Ville s'astreint année après année à un exercice de gymnastique pour boucler son budget, ses cadres ont droit à de généreuses hausses de salaire, dénonce le parti Projet Montréal.

Mis à jour le 10 févr. 2011
Gabriel Béland LA PRESSE

Les cadres de la Ville bénéficieront de hausses salariales de 6,5 à 12% en 2011, dénonce le deuxième parti de l'opposition. Cette situation «inacceptable» devient carrément «scandaleuse» à la STM, où la masse salariale de la haute direction bondira de plus de 17% en 2011.

«Les Montréalais sont de plus en plus taxés, les utilisateurs des transports en commun doivent payer toujours plus cher, comment peut-on justifier ces hausses de salaire pour les cadres?» a demandé hier le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron.

C'était la deuxième conférence de presse de M. Bergeron en autant de semaines au sujet des salaires à la Ville de Montréal. Il a dénoncé la semaine dernière les emplois qu'occupent des «amis du parti Union Montréal» dans l'appareil municipal.

Richard Bergeron s'est attaqué hier à la rémunération de la haute direction. Selon lui, la Ville de Montréal doit offrir aux cadres des hausses qui suivent l'inflation. Or, chacun verra plutôt son salaire grimper de 6,5% à 12%, selon l'évaluation qu'il obtiendra.

M. Bergeron a aussi accusé la Société de transport de Montréal (STM) de dépenser sans compter pour rémunérer ses cadres. Leur nombre va d'ailleurs passer de 37 à 41 en 2011, et leur masse salariale augmentera de 17,6%, alors que le budget de la STM ne croîtra que de 6,7% dans la même période.

«Il y a une dérive dans la rémunération des cadres supérieurs de la STM qui est scandaleuse. Surtout quand on sait que la contribution des utilisateurs et des automobilistes ne cesse d'augmenter, a dit le chef de Projet Montréal. C'est vrai qu'il y a plus d'argent qui entre à la STM, mais ce n'est pas parce que les choses vont mieux qu'ils peuvent se dire: «On va s'en mettre plein les poches.»»

Richard Bergeron croit par ailleurs que le nombre de cadres à la Ville doit être réduit. Montréal entend abolir 250 postes dans sa haute direction au cours des prochaines années; il demande qu'on en abolisse 500.

Le spectre du privé

À la Ville, on explique que les salaires des cadres se situent dans la moyenne des autres grandes villes. Ils sont toutefois beaucoup moins élevés que dans le secteur privé. «Moi-même, je pourrais multiplier par deux, trois fois mon salaire si j'allais dans le privé», a dit Jean-Yves Hinse, directeur du capital humain à la Ville de Montréal.

La STM précise quant à elle qu'elle recourt depuis 2006 à une firme spécialisée en rémunération pour mieux comprendre comment ses salaires se comparent à ceux d'autres organisations publiques. La Société se trouve dans la moyenne, indique le conseiller Marvin Rotrand, qui siège au CA de la STM.

«Au conseil municipal, Richard Bergeron dit sans cesse que la Ville a trop souvent recours au privé, qu'il faut attirer des candidats compétents dans la fonction publique, dit-il. À la STM, c'est ce qu'on fait et, pour le faire, il faut des salaires concurrentiels.»