Montréal se mettra l'été prochain au diapason des grandes villes nord-américaines et disposera de l'outil dernier cri pour contacter ses citoyens: un système d'alerte téléphonique, capable de joindre plus de 18 000 foyers à l'heure.

Publié le 2 févr. 2011
Karim Benessaieh LA PRESSE

Annoncé cet après-midi en conférence de presse, ce système utilisera la base de données des numéros de téléphone du 911, dont la précision est imbattable. «Elle est mise à jour deux fois par jour», précise Claude Trudel, responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville.

Ce «service d'avis à la communauté» pourra être utilisé dans toutes les situations où «la vie, la santé ou la sécurité des citoyens est en jeu», dit le conseiller municipal. Implanté à un coût de 144 000 $ - la Ville dispose déjà du logiciel automatique d'appel -, le service ne coûtera que 22 000 $ pour opérer chaque année.

Des exemples de son utilisation: pour signaler un avis d'ébullition dans un secteur bien précis de l'île, pour une alerte au déversement de produits toxiques dans l'est de Montréal ou de chaleur accablante. Tout le territoire de l'agglomération, soit Montréal et les 15 municipalités reconstituées, est desservi. «Cet outil ne remplacera pas les autres mesures en place, comme les dépliants et les avis distribués aux résidants», tient à préciser Serge Tremblay, directeur du Service de sécurité incendie et coordonnateur de sécurité civile. «C'est un bel ajout aux mesures déjà en place, on vient donner plus de moyens pour sécuriser les citoyens», ajoute M. Trudel.

L'implantation du service a été considérablement retardée par l'obligation d'obtenir l'autorisation du CRTC pour utiliser la base de données du 911. La Ville a dû élaborer depuis 2007 et soumettre un plan précis énumérant les conditions d'utilisation de ce service - essentiellement, garantir qu'il ne sera utilisé qu'en cas d'urgence ou de situation compromettant la sécurité publique. C'est le coordonnateur de sécurité civile lui-même qui, en dernier ressort, décide du recours au SAC.

Pas question, a assuré M. Tremblay, d'utiliser ce système automatisé pour inonder les Montréalais d'informations municipales. «Ça ne se fera jamais sous mon règne. On ne veut pas brûler l'outil. On a des obligations envers le CRTC, qui pourrait nous en retirer l'usage.»

Le service devrait être en activité en juin prochain, le temps notamment de trouver une entreprise capable de fournir les lignes téléphoniques et de résoudre le cas des résidants malentendants. Dans un premier temps, on ne pourra contacter que les abonnés au téléphone par fil. «Dans moins d'un an», a promis M. Tremblay, les propriétaires de téléphones cellulaires pourraient s'ajouter à la liste.