Le Silo no 5 vit ses dernières années à l'abandon. La Société immobilière du Canada (SIC) promet de redonner vie au mastodonte de béton d'ici à 2017 et d'en faire un emblème de Montréal.

Gabriel Béland LA PRESSE

«Une ville remarquable comme Montréal a besoin de projets remarquables», a lancé le PDG de la SIC, Mark Laroche, lors d'une conférence de presse, hier, au pied de l'ancien silo à grain.

«On entend commencer le processus dès 2011 et la conversion sera faite d'ici à 2017.» Cette échéance ambitieuse coïncide avec le 50e anniversaire de l'Expo 67, le 150e anniversaire de la Confédération ainsi que le 375e anniversaire de Montréal.

Le Silo no 5, qui se trouve au bout de l'avenue McGill, dans le Vieux-Montréal, est devenu hier officiellement propriété de la SIC, aussi responsable de la transformation du complexe Benny Farm, dans Notre-Dame-de-Grâce. La société d'État, chargée de revaloriser des lieux appartenant à Ottawa, l'a acquis de Transports Canada pour la somme symbolique de 1$.

Pressée par les frais d'entretien de l'immeuble, qui oscillent autour de 500 000$ par année, la SIC entend réhabiliter rapidement ce secteur industriel. «Nous voulons trouver le projet idéal pour ce site, mais le processus doit se terminer avant que la SIC n'engage des coûts trop élevés qui mettraient en péril sa santé financière, a prévenu Mark Laroche. En bon français: on ne veut pas perdre notre chemise dans la recherche d'un projet utopique.»

Pour l'instant, la SIC n'a «aucune orientation définitive sur l'avenir» du lieu. Elle a présenté hier une série de lignes directrices plutôt vagues. Elle exprime sa volonté de faire du Silo no 5 une destination pour les Montréalais et les touristes tout comme celle de conserver le patrimoine industriel. M. Laroche n'a pas écarté la possibilité d'y aménager des logements.

Des consultations auront lieu au cours de 2011, promet la SIC, qui compte préciser ses intentions au cours de la même année.

L'emblème de Montréal

Le maire de Montréal, qui a prononcé un discours particulièrement inspiré à la conférence de presse, a comparé le lieu aux plaines d'Abraham à Québec. «Nous allons réaliser un projet mobilisateur pour les Montréalais, a dit Gérald Tremblay. Le nouveau Silo no 5 deviendra l'emblème de Montréal et une référence internationale.»

Le maire souhaite qu'Ottawa fasse cadeau de la revalorisation du Silo no 5 à Montréal à l'occasion de l'anniversaire de la Confédération. «On veut un héritage, on veut une contribution importante du gouvernement fédéral. Là, on nous en promet une», s'est réjoui le maire.

Dinu Bumbaru, d'Héritage Montréal, voit d'un bon oeil l'acquisition par la SIC du Silo no 5. «C'est un moment très important. Il n'y a peut-être pas d'esquisse dévoilée ici, mais c'est mieux de se donner une échéance raisonnable. Celle de 2017 nous laisse assez de temps pour éviter de faire trop de bêtises, mais c'est assez proche pour les forcer à aller de l'avant.»

M. Bumbaru estime que l'une des meilleures idées pour le lieu consisterait simplement à y «mettre un ascenseur, pour que les gens puissent profiter de la vue» tout en haut.

Depuis la fermeture du silo à grain, au milieu des années 90, plusieurs idées de revitalisation ont été lancées. L'une des dernières en date, un projet culturel qui aurait été porté par le Musée d'art contemporain de Montréal, n'a finalement jamais vu le jour.