Le Plateau-Mont-Royal part en guerre contre les panneaux publicitaires. Les élus de l'arrondissement ont adopté mardi soir un règlement qui, une fois en vigueur, donnera un an aux entreprises de publicité pour démanteler leurs panneaux-réclame. Mais l'industrie promet déjà de contester le nouveau règlement.

Mis à jour le 8 sept. 2010
Martin Croteau LA PRESSE

«Horreurs inouïes», «pollution visuelle», les élus de Projet Montréal qui administrent l'arrondissement ne mâchent pas leurs mots pour dénoncer les 45 affiches format géant qui se trouvent sur le territoire.

Le règlement a été adopté en première lecture, mardi soir, et il devrait être approuvé pour de bon en novembre. Les trois entreprises de publicité qui exploitent des panneaux dans l'arrondissement devront alors les démanteler dans l'année.

«Le Plateau-Mont-Royal sera la première administration municipale au Québec à enlever tous les panneaux-réclame de son territoire», a souligné le conseiller Alex Norris, le responsable du dossier.

Il a invité d'autres villes et arrondissements du Québec à imiter le Plateau.

La décision des élus a pris les entreprises d'affichage de court, elles qui disent n'avoir jamais été consultées. Elles promettent qu'elles ne laisseront pas le règlement passer comme une lettre à la poste.

Le porte-parole du Regroupement de l'industrie de l'affichage extérieur du Québec, Jeannot Lefebvre, affirme qu'il est trop tôt pour envisager des recours judiciaires contre l'arrondissement, mais cette avenue n'est certainement pas exclue.

«Notre industrie est légale, a-t-il fait valoir. C'est une activité commerciale reconnue. Il y a des centaines d'emplois qui y sont rattachés et des revenus importants. Donc, si les autorités municipales nous obligent à prendre la voie juridique, nous le ferons.»

L'administration du Plateau-Mont-Royal rétorque qu'elle a obtenu un avis juridique du service du contentieux municipal avant d'aller de l'avant avec son règlement.

«On a le droit légal d'éteindre ces droits acquis, et c'est ce qu'on fait, a expliqué Alex Norris. Si les compagnies publicitaires veulent participer à lancer un débat public à ce sujet, nous accueillons un tel débat. Nous croyons que le public est derrière nous, que le public appuie toute mesure qui réduit la quantité de pollution visuelle dans nos quartiers.»

On compte 45 panneaux publicitaires dans le Plateau-Mont-Royal, qui rapportent chacun près de 1000$ à la ville centre sous forme de taxes. Même si la décision privera la Ville de 40 000$ par année, l'administration Tremblay n'entend pas la contester.

Son porte-parole, Darren Becker, a toutefois souligné que la décision des élus du Plateau fait suite à l'adoption de règles strictes sur le bruit et la mise en place de nouvelles restrictions à la circulation automobile dans l'arrondissement.

«Depuis quelques semaines, tout ce que cette administration de Projet Montréal fait, c'est d'interdire des choses», a raillé M. Becker.