Il n'y a plus que deux candidats en lice pour remplacer Yvan Delorme à la tête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le maire décidera qui de Jean-Guy Gagnon, le candidat de la continuité, et Marc Parent, celui du changement, pilotera la force policière.

Mis à jour le 16 août 2010
Martin Croteau et Catherine Handfield LA PRESSE

Différentes sources municipales et policières ont confirmé hier que les deux hommes ont été choisis par le comité chargé d'épurer la liste originale de cinq candidats. Le comité, composé de quatre élus et d'un fonctionnaire, les a rencontrés tour à tour la semaine dernière.

Certains avancent que les deux finalistes ont rencontré le maire, hier, ce que n'a pas confirmé son cabinet. «On ne fera pas de commentaire sur la rencontre, ni sur les noms», a affirmé le porte-parole du comité exécutif, Bernard Larin.

Des cinq candidats pressentis pour diriger la force policière, MM. Gagnon et Parent sont les deux seuls à habiter Montréal. Tous deux avaient tenté leur chance lors de la course à la direction de 2005.

Numéro trois du SPVM, Jean-Guy Gagnon, 48 ans, occupe l'un des deux postes de directeur-adjoint (direction stratégique). Bras droit d'Yvan Delorme, il est même considéré comme le chef officieux du SPVM, tant il joue un rôle important dans son administration.

Il jouit d'un important réseau de contacts et connaît bien les rouages du SPVM. Sa nomination n'obtient toutefois pas la faveur de la Fraternité des policiers et des policières de Montréal, qui l'estime trop proche d'Yvan Delorme.

Le règne de ce dernier a en effet été marqué par des relations de travail troubles. «M. Gagnon et M. Delorme, c'est exactement la même chose», a déclaré la semaine dernière le président du syndicat, Yves Francoeur.

Issu des enquêtes criminelles, Jean-Guy Gagnon a été l'un des commandants de l'escouade Carcajou, un groupe chargé de s'attaquer aux motards criminalisés dans les années 90.

Aile «gauche»

Marc Parent, 46 ans, dirige le service à la communauté de la région Nord, qui englobe le secteur sensible de Montréal-Nord. Identifié à l'aile «gauche» du SPVM, il est responsable du dossier de l'emploi de la force. C'est lui qui a instauré des règles d'éthique en la matière.

Aux yeux de certains policiers, il incarne le changement réclamé par la base. Ayant peu de contacts au sein de la direction actuelle, on dit qu'il serait donc susceptible de revoir les façons de faire au SPVM.

Marc Parent est diplômé de la FBI Academy en grandes enquêtes et terrorisme. Il est l'ex-chef d'équipe du Groupe tactique d'intervention (GTI).

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, devra choisir cette semaine lequel des deux finalistes succédera à Yvan Delorme, qui a remis sa démission en avril dernier. La Commission de la sécurité publique devrait entériner le choix du maire vendredi.

Le nouveau directeur devra également recevoir l'aval du ministre de la Sécurité publique. Enfin, le conseil municipal devrait entériner sa nomination lors de la réunion du 23 août prochain, pendant laquelle son nom sera officiellement annoncé. Le nouveau chef du SPVM doit entrer en fonction le 13 septembre.

Les assistants-directeurs Pierre Brochet, Sylvain Brouillette et Denis Desroches participaient eux aussi à la course à la direction, mais leurs noms n'ont pas été retenus.