Les poules pondeuses pourraient revenir en ville dès l'année prochaine. L'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie se penche sérieusement sur cette possibilité depuis deux mois. Il pourrait ainsi devenir le premier arrondissement montréalais à permettre à ses résidants de garder quelques poules dans le jardin.

Mis à jour le 28 juill. 2010
Stéphanie Bérubé LA PRESSE



«Nous sommes très favorables à cette idée» a indiqué mercredi le maire de l'arrondissement, François Croteau, de Vision Montréal.

Les élus étudient actuellement les implications sur le règlement d'urbanisme. «Si d'autres grandes villes américaines le permettent, je ne vois pas pourquoi nous n'irions pas de l'avant», a indiqué le maire.

Si tout se déroule comme prévu, les premières poules urbaines déclarées pourraient arriver au printemps prochain, dans le cadre d'un projet pilote. «Nous voulons faciliter les choses, mais nous voulons les faire bien, a indiqué le maire. Dans le respect des animaux et du voisinage.»

Vision Montréal (le parti de Louise Harel) devrait dévoiler sa position face à l'agriculture urbaine dans quelques jours. Il y sera question des poules.

D'autres quartiers pourraient aussi se pencher dans un proche avenir sur l'élevage de poules en ville, bien qu'Outremont, Montréal-Nord, Villeray, Pierrefonds et Ville-Marie confirment de leur côté qu'il n'est pas question de le permettre. Pour l'instant, il reste des zones agricoles à L'Île-Bizard, où il est possible de garder des poules pour récolter ses oeufs frais le matin.

C'est à peu près tout.

À la Ville de Montréal, on indique que c'est à chaque arrondissement de décider du sort des poules sur son territoire.

Le Collectif en aménagement paysager et en agriculture urbaine durable (CRAPAUD) veut changer la situation. Mercredi matin, en compagnie de deux charmantes poules pondeuses, le Collectif a lancé une pétition demandant à la Ville de Montréal d'ouvrir des consultations publiques sur la possibilité de permettre l'élevage de poules pondeuses sur tout le territoire. On éviterait ainsi de se retrouver avec une douzaine de règles différentes, estime Jean-Philippe Vermette, fondateur du CRAPAUD.

La demande est dans l'air du temps. Aux États-Unis, Chicago, Seattle et Los Angeles ont déjà dit oui à Cocotte. Au Canada, Vancouver et Victoria permettent aux citoyens de garder des poules, et d'autres municipalités se penchent sur la question. Avoir une poule est un geste écologique puisque l'animal se nourrit de certains restes de table et permet à son propriétaire de se nourrir à bas prix, ont indiqué ses partisans.

L'idée, explique Jean-Philippe Vermette, n'est pas de permettre de garder des poules sur les balcons ou de créer des basses-cours un peu partout en ville. «Nous pensons au bien-être animal», a-t-il indiqué. Il faudrait donc avoir un minimum de terrain pour obtenir le droit d'avoir des poules. Et combien de poules? «Dans les villes qui le permettent, le maximum est de quatre», indique-t-il.

«Je comprends que ça serait un certain poids pour la Ville», a ajouté M. Vermette. Il faudrait, notamment, augmenter le nombre d'inspecteurs en alimentation et salubrité afin de s'assurer que tout va bien pour les poules, leurs propriétaires et le voisinage.

Dans l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau admet que l'inspection est l'un des points compliqués à régler avant de permettre le retour des poulettes.

En attendant, des citadins continuent de vivre dans l'illégalité en ayant des poules tout de même, a indiqué Éric Darier, directeur de Greenpeace Québec, qui appuie cette initiative citoyenne.