Mécontent de la façon dont la Ville de Montréal est dirigée, le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, pourrait envisager de se porter candidat à la mairie de Montréal en 2013 si certaines conditions sont réunies.

Mis à jour le 9 juill. 2010
Éric Clément LA PRESSE

Dans une entrevue avec le journaliste Paul Arcand diffusée sur les ondes du 98,5 FM mercredi, Gilbert Rozon a dit que l'administration municipale actuelle est déconnectée du milieu de la création. «Il faut des leaders qui n'ont pas peur de ne pas être aimés», a-t-il dit. «On pourrait se donner une ville de fantaisie, de créateurs, ce qu'on ne fait pas.» «On n'est rien», a-t-il ajouté plus tard.

Quand Paul Arcand lui a demandé s'il sera candidat, il a répondu : «Mon ambition, dans la vie, c'est d'être heureux et j'adore servir, j'adore le métier de politique, je trouve que c'est noble. Je suis très triste de voir le cynisme qui entoure ça en ce moment.» Il a ajouté qu'il serait capable de «vision» et que la fonction l'intéresse parce qu'il a envie «qu'il se passe quelque chose».

À La Presse, hier, il a dit quelles sont les trois conditions nécessaires pour qu'il se lance dans la course à la mairie. «À Juste pour rire, je suis le patron, dit-il. Il faudrait donc que je trouve un remplaçant. Il faut aussi que je m'occupe de ma sécurité financière. Et il faudrait que je monte une équipe.»

Hier, il a annoncé à ses employés puis sur Twitter, que l'homme d'affaires Mario Bertrand avait accepté le poste de président et chef de la direction du Groupe Juste pour rire. Il remplacera le 1er septembre Normand Legault, qui a quitté l'entreprise en février, six mois après son arrivée.

Mario Bertrand sera-t-il ce remplaçant que M. Rozon recherche? «Mario Bertrand sera le grand numéro 2, répond-il. Je le connais très bien. On va voir si la mayonnaise prend. On part enthousiastes. On est tous les deux dans la cinquantaine. On va constituer une relève à Juste pour rire, pour rajeunir l'équipe.»

Une retour à Juste pour rire

Depuis 2005, Mario Bertrand est associé-directeur de la firme OMC, une entreprise de management spécialisée dans la mise en place de plateformes commerciales. Il est aussi associé d'une entreprise de production artistique et d'une firme d'exploitation de droits de comédies musicales et d'opéras.

De 1995 à 2005, il a été président Europe de New Ventures et de la société de participations financières de TIW. En 1991, il a été président de Télé-Métropole et de TVA. De 1986 à 1990, il a été le chef de cabinet de Robert Bourassa. Il siège ou a siégé aux CA de Juste pour rire, Cogeco, Léger Marketing, Hydro-Québec, Laurentienne Assurances, M3I, Magasins M, Télé-Métropole et de la Fondation du Devoir.

En 2008, il avait quitté Juste pour rire, dont il était vice-président du conseil chargé de la stratégie internationale, pour se joindre à l'entreprise de Garou, Wolfgang Entertainment International. Avec la nomination de Mario Bertrand, Gilbert Rozon demeure président du conseil «avec les missions particulières d'optimiser la valeur artistique de nos produits et d'identifier de nouveaux talents et de nouvelles occasions d'affaires», a-t-il écrit dans une lettre envoyée à ses employés hier.

Par ailleurs, Andy Nulman a été nommé président des festivals et de la télévision du Groupe Juste pour rire. «Il s'agit d'un nouveau poste, dit Gilbert Rozon. La boîte a grossi. Les festivals Just for Laughs de Montréal, Toronto et Chicago, la télévision, ce sont des activités qui réclament un leader et on a un très bon historique avec Andy.»

Bon début pour le Festival

Le Festival Juste pour rire 2010 a très bien commencé. «On a déjà vendu 120 000 billets», dit Gilbert Rozon. La mélodie du bonheur est la locomotive du festival, cette année : 70 000 billets vendus à ce jour. «Ça va être le succès de l'année», dit M. Rozon. Les deux spectacles de Steve Martin se sont aussi vendus... en 10 minutes.

«Je suis très fier de la programmation.» Même du gala Scandales de Louis Morissette et Jean-François Mercier? «J'étais content qu'on prenne ce risque, dit-il. Je suis fatigué par le côté bien-pensant, le politiquement correct. Il faut accepter d'être soi-même choqué. J'ai été choqué, mais j'ai félicité mon équipe. On peut même aller plus loin. C'est vrai qu'il y avait beaucoup de choses grossières, mais la promesse de déranger a été tenue.»