Les policiers de l'escouade Marteau ont mené des perquisitions ce matin dans les locaux de l'agence de sécurité BCIA à Montréal. Quelques heures plus tard, le patron de l'entreprise au coeur de nombreuses controverses, Luigi Coretti, a décidé de s'exprimer publiquement pour la première fois.

Daphné Cameron LA PRESSE

«Que Marteau soit là, je ne suis pas inquiet», a déclaré M. Coretti à un journaliste de la chaîne TVA. «C'est bien beau qu'eux fassent leur enquête. Marteau peut bien venir, je m'en fou.»

Cyberpresse a tenté d'obtenir une entrevue avec M. Coretti en se rendant à son domicile de Laval. Ce dernier a décliné l'offre de vive voix via l'intercom situé à l'entrée de sa luxueuse demeure. Tous les stores étaient tirés et au moins deux caméras de surveillance étaient fixées sur la toiture de la résidence.

BCIA est cette entreprise qui a fourni une carte de crédit à l'ex-ministre libéral Tony Tomassi alors qu'il était député. Lorsque cette affaire a éclatée au grand jour en mai dernier, le premier ministre Jean Charest a demandé à Tomassi de quitter ses fonctions ministérielles et de se retirer du caucus libéral. Le Directeur général des élections a par ailleurs ouvert une enquête pour déterminer si BCIA a utilisé des prête-noms pour contribuer à la caisse électorale de M. Tomassi.

«Moi, Tony Tomassi, je ne le connais pas comme ministre de la Famille. Moi, Tony Tomassi, je le connais comme ami. On a émis une carte de crédit, tiens, c'est pour l'aider. Ce gars-là est un ami plus que d'autres choses», a dit M Coretti lors de son entretien avec TVA.

Rappelons que d'anciens employés de BCIA ont également indiqué à La Presse que la résidence de Frank Zampino, l'ancien numéro deux de la Ville de Montréal avait été surveillée gratuitement par la firme. L'entreprise a déclaré faillite le 27 mai dernier.

L'agence de sécurité a également défrayé la chronique puisqu'elle a surveillé des immeubles du Service de police de Montréal (SPVM) depuis 2006 sans avoir obtenu l'aval des élus du comité exécutif comme c'est censé être le cas. Lors d'une présentation devant la commission de sécurité publique de la Ville de Montréal, début juin, le chef de police sortant du SVPM Yvan Delorme a affirmé que M. Coretti était une «connaissance professionnelle» avec qui il avait partagé des repas avant d'être nommé.

«On n'a pas mangé avec Yvan Delorme, on a eu une discussion de cinq à dix minutes. Je ne m'en souviens pas vraiment. Il y avait quelques amis. On s'était rencontré à une place. That's it», a toutefois indiqué M. Coretti au reporter Yves Poirier de TVA.

Quant aux perquisitions de ce matin, Ann Mathieu, porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), a expliqué que les enquêteurs étaient à la recherche d'éléments de preuve sous forme de documents.

Avec La Presse Canadienne