Les protestations des groupes cyclistes n'y feront rien: comme prévu, la Société du parc Jean-Drapeau installera trois pôles de ralentissement sur le circuit Gilles-Villeneuve après le Grand Prix, pour des «raisons de sécurité».

Paul Journet LA PRESSE

«Nous sommes assez découragés par ce qui se dit sur nos mesures, lance Nathalie Lessard, porte-parole de la Société. Il y a un problème de sécurité sur le circuit, et il n'y a pas 36 façons de le régler. On doit mettre des pôles. Et cette année, on n'en mettra pas six. On en met seulement trois.»

 

La Société du parc limitera aussi la vitesse à 30km/h. Seule exception: les matins de semaine, de 5h à 7h, où les voitures seront aussi interdites, toujours pour des raisons de sécurité. L'année dernière, il y a eu 28 accidents sur le circuit, dont 21 ont nécessité un transport en ambulance.

Après la Fédération québécoise des sports cyclistes, Vélo Québec et Triathlon Québec contestent maintenant eux aussi les pôles de ralentissement: «Les chicanes sont censées servir à éviter les accidents cycliste-piéton et cycliste-automobile. Or, des 28 accidents de l'année dernière, pas un seul n'a impliqué un cycliste et un piéton», indique la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau. Il y a eu un seul accident entre un cycliste et une automobile, ajoute-t-elle.

Près des trois quarts des accidents sont le fait de cyclistes qui ont heurté du mobilier urbain ou de simples chutes. «Poser des chicanes augmentera sensiblement le nombre d'accidents», prétend même Triathlon Québec.

Que répond la Société du parc à ces arguments? «Nous n'avons pas à répondre», dit Mme Lessard. Elle poursuit: «Nos mesures ont été établies avec notre équipe de sécurité, qui connaît chaque pouce carré du circuit. Elles ont ensuite été validées par l'équipe du poste 21 du Service de police de la Ville de Montréal, qui possède une incroyable expertise.»

Projet Montréal a déposé une motion qui sera débattue le 14 juin au conseil municipal. Le parti demande que la décision de la Société du parc soit annulée et que le conseil municipal forme un comité de travail pour trouver une solution permanente au problème. «On souhaite aussi que le dernier plan directeur du parc Jean-Drapeau, qui date de 1993, soit réactualisé pour faire notamment plus de place à la naturalisation», indique Luc Ferrandez, maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.