Plusieurs Montréalais ont été réveillés par une inquiétante odeur de fumée, dans la nuit de dimanche à lundi. «C'était comme une agression olfactive, raconte Dominic Rondeau, résidant de Rosemont. Je me suis demandé: coudonc, est-ce que mon bloc appartement est en train de brûler? Puis, je me suis rappelé ce qu'on annonçait aux nouvelles. Alors, je me suis recouché...»

Hugo Meunier et Paul Journet LA PRESSE

D'autres étaient plus inquiets. Le 911 a reçu environ 200 appels durant la nuit, rapporte l'agent Daniel Lacoursière, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). «Quand on a diffusé un message enregistré expliquant l'origine de ces odeurs, les appels ont été réduits de moitié», explique-t-il.L'air était bel et bien vicié par des particules de fumée. À 18h dimanche, l'indice de qualité de l'air était rouge, ou mauvais - la pire cote - dans le nord, le centre et l'ouest de l'île. «Ce n'est pas vraiment dangereux, c'est comme un smog. Ce n'est pas pire qu'un bon feu de camp», tempère Richard Laporte, chef aux opérations au Service incendie de Montréal.

En plus de ces particules, des nuages de smog enveloppaient Montréal, tout comme le reste du sud du Québec. La Direction de la santé publique demandait aux personnes à risque (asthmatiques, cardiaques, aînés) d'éviter toute activité physique intense à l'extérieur.

Mais ces inconvénients restent très mineurs quand on les compare à la situation de la communauté atikamekw de Wemotaci, en Haute-Mauricie, que ses 1300 habitants ont été forcés d'évacuer. Ils ne peuvent pas encore regagner leur domicile. Leurs résidences ne sont toutefois pas menacées par les flammes, indique Éloïse Richard, agente d'information à la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU). «La bonne nouvelle, c'est que nos équipes ont pu retourner sur le terrain (lundi)», ajoute Mme Richard.

Dimanche, les vents, le manque de visibilité et la virulence des flammes, parfois d'une hauteur de 30 mètres, avaient forcé les pompiers forestiers à évacuer les lieux. Ils ont repris le travail lundi matin.

«La journée a été productive. On a réussi à diminuer la vigueur des incendies. Le faible vent et le taux d'humidité relative plus élevé ont aidé», explique Mme Richard.

Le nuage de fumée a aussi lentement quitté Montréal, lundi en fin de journée. «Selon les prévisions d'Environnement Canada, la qualité de l'air redeviendra acceptable (aujourd'hui) à Montréal. Les vents souffleront la fumée vers le nord», prévoit David Pelletier, conseiller au ministère de la Sécurité publique.

Incendies en baisse

Au moment d'écrire ces lignes, le nombre d'incendies commençait à diminuer au Québec. «Durant la journée (de lundi), on est passé de 50 à 43 incendies, rapporte Mme Richard. On est aussi passé de 8 à 7 incendies non maîtrisés.»

En plus de Wemotaci, trois autres localités ont été évacuées depuis le début des incendies. Il s'agit de Manawan, Obedjiwan et Parent. Dans les trois cas, contrairement à Wemotaci, l'évacuation n'était pas obligatoire. Quelque 900 des 1280 évacués de Manawan ont pu regagner leur domicile lundi. Les 295 résidants d'Obedjiwan et les 26 résidants de Parent évacués n'ont pas pu les imiter.

La situation devrait continuer de s'améliorer sensiblement aujourd'hui. De 4 à 12 millimètres de pluie sont prévus en Haute-Mauricie. De plus, on n'annonce pas de foudres et le temps sera frais.

Malgré tout, l'interdiction de feu à ciel ouvert reste en vigueur pour tout le territoire au nord du fleuve Saint-Laurent et à l'ouest de Baie-Comeau. Il est également interdit de se promener en forêt dans un quadrilatère qui touche une partie du Lac-Saint-Jean et de la Haute-Mauricie.



Photo: Martin Tremblay, La Presse

Un voile de fumée est visible au centre-ville de Montréal ce matin.