Après avoir attaqué les conservateurs sans relâche depuis le début de la campagne, Gilles Duceppe a braqué ses canons sur les libéraux, hier, et mené une charge virulente contre l'une de leurs principales têtes d'affiche au Québec, Justin Trudeau.

Martin Croteau LA PRESSE

Aux côtés de sa députée sortante dans Papineau, Viviane Barbot, M. Duceppe a rappelé que le fils de Pierre Elliott Trudeau s'était opposé à la reconnaissance de la nation québécoise. Il l'a aussi accusé de vouloir refaire «les batailles passées de son père» en cherchant à imposer le bilinguisme aux Québécois.

 

Le chef du Bloc ne s'est pas arrêté là. Il a carrément laissé entendre que l'intérêt national des Québécois exige de défaire Justin Trudeau.

«L'avenir de la nation québécoise se joue principalement à Montréal sur le front linguistique, a-t-il déclaré. Pour le respect de notre langue et de notre nation, il faut battre Justin Trudeau le 14 octobre.»

De passage dans la région de Montréal, le chef du Bloc a prêté main-forte à quatre candidats qui mènent une chaude lutte contre les troupes de Stéphane Dion. Son message est resté le même: il est le seul à pouvoir barrer la route à Stephen Harper au Québec. Et ce, même si les libéraux se trouvent sur son chemin dans la métropole.

«C'est difficile de faire campagne contre des candidats conservateurs dans l'île de Montréal: il n'y en a pas», a-t-il raillé.

Gilles Duceppe a donné un coup de main à la députée Maria Mourani, qui tente de se faire réélire dans Ahuntsic, longtemps château fort libéral. Il a également fait un saut à Laval-Les Îles, où les sondages suggèrent que son candidat Mohamedali Jetha est encore loin derrière la députée libérale Raymonde Folco.

Enfin, il a fait du porte-à-porte avec son candidat Thierry St-Cyr, dans Jeanne-Le Ber. Selon un sondage Segma réalisé pour La Presse à la fin du mois de septembre, M. St-Cyr se trouvait dans une bataille très serrée contre le libéral Christian Bellefeuille.

Voter en masse

Gilles Duceppe a de nouveau appelé ses partisans à voter massivement le 14 octobre. Il craint que les sondages favorables des derniers jours n'amènent des supporters à rester à la maison le jour du scrutin.

«Ça peut avoir les deux effets, a-t-il expliqué. Je sens beaucoup d'enthousiasme. Ça, c'est l'effet mobilisateur sur l'organisation. Par ailleurs, il ne faudrait pas tenir ça pour acquis.»