Un gouvernement néo-démocrate n'hésiterait pas à mettre les grandes banques du pays au pas, a affirmé hier Jack Layton, critiquant la décision de ces institutions financières, hier, de n'abaisser les taux d'intérêt que de moitié par rapport au taux directeur de la Banque du Canada.

Malorie Beauchemin LA PRESSE

«Je suis très déçu de voir que les banques ne transfèrent pas à leurs clients une part importante de la réduction des taux d'intérêt qui est réclamée et appliquée partout sur la planète, a dit le chef du npd, en fin de journée, de passage au Manitoba. C'est un signe d'avarice. Elles ne se préoccupent pas de l'économie au sens plus large.»

«Les banques ont fait passer leur propre intérêt avant celui des consommateurs», a-t-il ajouté. Le chef du NPD martèle depuis le début de la campagne que son gouvernement, s'il est élu, imposerait des réglementations plus strictes aux banques.

«Ce qu'on va faire, c'est s'assurer que les règlements sont adéquats pour protéger les consommateurs, a réitéré M. Layton hier. Nous allons nous assurer que nous mettrons les clients des banques au premier plan.»

Saluant le geste de la Banque du Canada, qui a réduit son taux directeur d'un demi-point de pourcentage hier, le chef néo-démocrate a estimé que ce geste, «lié à un effort mondial», aurait toutefois moins d'impact ici, en raison de la décision des banques de ne réduire leurs taux que d'un quart de point.

«Nous ne suggérons pas que le gouvernement intervienne directement pour établir les taux d'intérêt des banques», a toutefois spécifié M. Layton, pressé de questions par les journalistes.

Pour le chef du NPD, Stephen Harper et stéphane dion sont par ailleurs tous les deux des parieurs. le premier parce qu'en période de difficultés économiques, sa «meilleure recommandation» est de dire aux canadiens d'aller jouer en bourse, a estimé M. Layton. le second, parce qu'il maintient son intention de taxer le carbone, même si des libéraux influents ont soulevé des doutes sur l'efficacité de ce plan en période de marasme économique, a dit le chef néo-démocrate.

Harper «déconnecté»

M. Layton a d'ailleurs fait son entrée à un rassemblement partisan à Thompson, au Manitoba, au son de la chanson the gambler, de Kenny Rogers, ce qui se voulait une attaque contre ses deux adversaires.

En matinée, à Edmonton, le chef néo-démocrate avait jugé que le premier ministre harper était «totalement déconnecté» des inquiétudes des canadiens et qu'il agissait de façon «désinvolte et cavalière».

En entrevue la veille, le chef conservateur avait suggéré que la chute des marchés boursiers créait de belles occasions d'affaires.

«Les gens sont de plus en plus endettés. la plupart des canadiens sont extrêmement inquiets, et Stephen Harper suggère que la bonne stratégie est d'aller risquer votre argent en bourse, a lancé le leader néo-démocrate, outré. Les fonds de pension ont déjà perdu un pourcentage de leur valeur. Les économies des familles sont en difficulté à cause de ce qui arrive. Les canadiens cherchent quelqu'un qui va prendre la situation plus au sérieux.»