Gilles Duceppe a passé sa campagne électorale à écorcher Stephen Harper, mais il ne lui préfère pas pour autant Stéphane Dion comme premier ministre. Le chef du Bloc s'est dit disposé à travailler avec l'un ou l'autre de ces leaders, ce matin, alors que les derniers sondages portent à croire que les libéraux pourraient former un gouvernement minoritaire.

Martin Croteau LA PRESSE

Répétant son appel à élire un « maximum » de députés du Bloc, M. Duceppe s'est de nouveau dit ouvert à des alliances ponctuelles avec les autres partis pour promouvoir les intérêts du Québec aux Communes.«Ça va dossier par dossier, a-t-il indiqué. Dans le passé, le Bloc a travaillé autant avec le NPD que les libéraux et les conservateurs. On ne s'est jamais 'barré les jambes' avec l'étiquette des partis.»

Un sondage Harris-Decima a fait état hier d'un écart de cinq points entre conservateurs (31%) et libéraux (26%). La course est encore plus serrée si l'on se fie à une enquête Nanos, qui accorde 34% de la faveur populaire au PC et 31% au parti de Stéphane Dion.

M. Duceppe estime que les Québécois ont été effrayés par certaines propositions de Stephen Harper, comme par exemple son projet de serrer la vis aux jeunes contrevenants. Il explique ainsi la chute des conservateurs dans les sondages.

«Le vieux fond réformiste revient à la surface, a-t-il analysé. D'autre part, on voit que leurs députés étaient à genoux devant Harper. Et là, c'est difficile de savoir s'ils sont à genoux, on ne les voit même pas.»

Après avoir passé les deux derniers jours dans des circonscriptions bloquistes, Gilles Duceppe transporte sa campagne à Québec, où il a bon espoir de reprendre des sièges perdus aux mains des conservateurs lors des élections de 2006.

«Les gens se sont rendu compte que leurs députés ne servent pas leurs intérêts, a-t-il dit. C'est ça qui a changé, fondamentalement.»

Il a profité d'un point de presse matinal pour lancer un défi aux candidats conservateurs de la région : prendre position sur les compressions dans les organismes de développement économique. Le ministre Jean-Pierre Blackburn avait suscité la colère du maire de Québec, Régis Labeaume, en annonçant l'élimination progressive du soutien financier à ces organismes à but non lucratif.

M. Duceppe s'envolera ensuite pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, où il a bon espoir de déloger M. Blackburn dans la circonscription de Jonquière-Alma.