Gilles Duceppe a lancé le dernier droit de sa campagne avec une démonstration de force, dimanche, un rassemblement de 2000 personnes à St-Hyacinthe au cours duquel il s'est livré à sa plus violente tirade contre Stephen Harper depuis le début des élections.

Martin Croteau LA PRESSE

C'est le plus important rassemblement partisan organisé par un parti politique fédéral depuis le début de la campagne. Devant une foule survoltée qui comprenait ses 75 candidats, des centaines de militants et des députés du Parti québécois, le chef du Bloc n'a ménagé aucune épithète pour dénoncer le Parti conservateur et son chef.«Tricheur», «arrogant», «rétrograde», M. Duceppe a écorché sans ménagement le gouvernement Harper, attaquant son bilan en matière de développement régional, lui reprochant de vouloir «saboter» le protocole de Kyoto, et fustigeant son parti-pris aux Communes pour la guerre en Irak.

«Une majorité à Stephen Harper, c'est courir le risque de se retrouver dans une guerre dont on ne veut pas, a-t-il déclaré. On ne peut pas offrir une majorité à un homme qui manque si cruellement de jugement et de sens moral.»

Le chef bloquiste n'a laissé aucun doute quant à celui qu'il considère comme son principal adversaire. Il a prononcé «Stephen Harper» 61 fois dans son discours d'une demi-heure, et n'a pas fait la moindre allusion à Stéphane Dion ou à Jack Layton.

En point de presse après le rassemblement, M. Duceppe s'est défendu de mener une campagne de peur contre les conservateurs et d'avoir recours à des attaques personnelles pour contrer ses adversaires.

«Tout cela a rapport à des faits concrets, a-t-il dit. Quand vous copiez un discours, comment vous appelez ça? C'est de la tricherie.»