Se présentant depuis le début de la campagne comme le grand défenseur des consensus du Québec, le chef du Bloc québécois a appuyé, hier, les demandes formulées par le premier ministre Jean Charest à l'égard des partis fédéraux.

Mis à jour le 1er oct. 2008
Malorie Beauchemin LA PRESSE

«Je suis en accord avec les demandes que fait M. Charest au nom du Québec. Je ne l'invente pas, c'est dans notre plateforme», a dit Gilles Duceppe en matinée, en marge d'un déjeuner avec des militants à Gatineau, dans l'Outaouais.

Le premier ministre libéral a dressé, lundi, une liste d'une douzaine de contentieux et requêtes à l'égard d'Ottawa, demandant notamment au gouvernement Harper de reculer sur son projet de réforme du Sénat et sur l'abolition du registre des armes à feu, ainsi que d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser.

«Ce sont des consensus qui existent au Québec. Il n'y a pas que M. Charest qui est d'accord avec ça. Mme Marois, M. Dumont, sur plusieurs de ces demandes, vont dans le même sens, a souligné M. Duceppe. C'est ce que j'appelle faire écho aux consensus du Québec. Il y a seulement le Bloc qui agit ainsi et qui répondra concrètement aux demandes du Québec.»

Sur l'encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, le chef bloquiste a rappelé, comme l'avait fait M. Charest la veille, que le chef conservateur s'était engagé à régler la question lors de la campagne électorale de 2005-2006. «Il a renié une autre promesse», a dit M. Duceppe.

Dans le camp conservateur, le ministre des Transports et candidat dans Pontiac, Lawrence Cannon, n'a pas tardé à réagir, relevant ce qu'il considère comme une contradiction fondamentale dans le discours du chef du Bloc.

«M. Duceppe dit qu'il appuie les demandes du Québec. Mais sa position a toujours été de vouloir éliminer complètement le pouvoir fédéral de dépenser, alors que M. Charest demande de le limiter, l'encadrer. C'est très différent», a souligné M. Cannon.

Le ministre conservateur a par ailleurs affirmé qu'un gouvernement conservateur présenterait, tel que promis, un projet de loi pour encadrer le pouvoir fédéral de dépenser. «Je m'attends à ce que le Bloc n'appuie pas un tel projet, puisque ce n'est pas la position de M. Duceppe», a-t-il conclu.