Les Beaucerons restent de glace devant les révélations contenues dans l'autobiographie de Julie Couillard. L'appui à Maxime Bernier ne semble pas s'effriter, bien qu'un manque de jugement soit parfois reproché à l'ancien ministre conservateur.

Mis à jour le 1er oct. 2008
Tommy Chouinard LA PRESSE CANADIENNE

Pour la grande majorité des électeurs rencontrés hier, l'ex-conjointe de M. Bernier est animée par la vengeance, n'a aucune crédibilité et ne cherche qu'à faire un coup d'argent.« En tout cas, cette Couillard-là ne fera pas une crisse de cent avec moi ! » a lancé Suzanne Mathieu, rencontrée sur la 1re Avenue, la Main de Saint-Georges de Beauce.

Elle s'était abstenue de voter lors des dernières élections fédérales, mais elle compte se reprendre cette année et appuyer M. Bernier. « Cette affaire-là, ça me pousse à donner mon opinion. Maxime Bernier, c'est un bon monsieur, comme son père » Gilles, qui a régné sur la Beauce pendant 13 ans à titre de député fédéral.

Dans son autobiographie dont La Presse a révélé le contenu hier, Julie Couillard décrit Maxime Bernier comme un « grand benêt » narcissique et un incorrigible coureur de jupons qui, en privé, passait des commentaires méprisants sur son chef Stephen Harper et les Beaucerons.

Paule Lessard, fidèle conservatrice, n'en croit pas un mot. « Le Maxime qu'elle décrit n'est pas le Maxime que je connais. Tout ce qu'elle dit, ça ne change aucunement ma façon de voir Maxime Bernier. Je crois en lui, c'est un homme bien », a-t-elle affirmé, attablée dans un café. Elle croit néanmoins que le poste de ministre des Affaires étrangères n'était « peut-être pas » celui qui convenait à M. Bernier.

Rencontré dans un restaurant, David Gourde a affirmé que Julie Couillard « tente de sauver sa réputation et de faire de

l'argent en s'attaquant à Maxime ». « Mais elle n'a pas idée comment il est respecté en Beauce », a-t-il affirmé, faisant lui aussi valoir que la famille Bernier est connue et respectée.

Quant aux allégations de Julie Couillard voulant que Maxime Bernier ait traité son chef Stephen Harper de « buveur de Pepsi », David Gourde estime que « même si c'est vrai, il a le droit de le penser. Ça ne l'empêche pas d'être loyal au chef ».

Selon une serveuse du restaurant, Karen Veilleux, toute cette histoire n'aura aucun effet sur le vote, « sinon positif pour Maxime ». Car Julie Couillard « est allée trop loin. Elle parle de la vie privée de Maxime Bernier, et ça, ce n'est pas de nos affaires. Les gens respectent la vie privée. »

Pour la jeune Cindy Roy, Julie Couillard « n'est pas très crédible quand elle parle des autres avec le passé qu'elle a », c'est-à-dire ses relations avec le monde interlope.

Au coeur du pays des jarrets noirs, les allégations de Julie Couillard sont vues comme des «niaiseries». Malgré tout, comme ils l'ont presque tous confirmé, les électeurs rencontrés seront rivés à leur petit écran dimanche pour regarder Julie Couillard en entrevue à Tout le monde en parle.

Quelques indécis ont reconnu que cette affaire sème des doutes sur le jugement de Maxime Bernier. « Ça lui enlève de la crédibilité. On ne sait pas trop si, finalement, c'est quelqu'un de confiance », a affirmé Raymonde Landry. De son côté, Fleurette Maheux a confié que M. Bernier ne pourra compter sur son appui. « Je n'accepte pas ce qu'il a fait », a-t-elle résumé.