Le NPD ne répétera pas les erreurs de l'ADQ, assure Thomas Mulcair.

Paul Journet LA PRESSE

Aux élections de 2007, les troupes de Mario Dumont étaient passées de 4 députés à 41 et avaient formé l'opposition officielle. L'année suivante, le parti s'était écroulé aux élections et n'avait conservé que sept sièges.

«L'ADQ formait l'opposition officielle contre un gouvernement minoritaire, a rappelé M. Mulcair. Ce n'est pas notre cas. On ne pourra pas menacer de défaire le gouvernement. On aura quatre années de travail avant les élections suivantes.»

Il ajoute que le Nouveau Parti démocratique «n'est pas un nouveau parti»: il célèbre son 50e anniversaire cette année.

En 2007, 1 député de l'ADQ sur 10 avait déjà siégé dans un Parlement. Le ratio est d'un sur trois dans la nouvelle députation néo-démocrate. «On était quand même 36 à la dissolution de la Chambre», signale M. Mulcair.

Le caucus néo-démocrate compte donc 68 nouveaux visages, dont 57 du Québec. «Je connais pas mal tout le monde parmi eux», dit M. Mulcair. Le NPD a formé une équipe de sept employés à Montréal pour travailler avec ces nouveaux députés. «Je ne cacherai pas que l'organisation, la répartition et le triage nous ajoutent énormément de travail, à mon personnel et à moi», avoue-t-il.

Le NPD essaiera de jumeler un maximum de néophytes avec des députés expérimentés. «Par exemple, un critique officiel en matière d'immigration a besoin d'un adjoint pour faire son travail», dit-il. Mais il ajoute que des députés comme Françoise Boivin (qui a été députée libérale de 2004 à 2006), Roméo Saganash, Nycole Turmel ou Hélène Laverdière ont déjà un bagage «impressionnant» et pourraient contribuer dès maintenant de façon importante aux travaux parlementaires.

Les nouveaux députés recevront bientôt une formation intensive de deux jours sur les rouages parlementaires. Le whip Yvon Godin maintiendra la discipline. Un vote sera organisé dans les prochaines semaines pour renouveler son mandat ou choisir un nouveau préfet de discipline.

Grâce au financement des partis politiques - que souhaite abolir Stephen Harper -, le NPD devrait recevoir 9 millions de dollars dans la prochaine année. L'argent servira en bonne partie à rembourser les dépenses des dernières élections, qui s'élèvent à près de 21 millions.

Le parti essaie de gérer sa croissance. Quelque 250 nouveaux postes devront être pourvus dans «les prochaines semaines ou les prochains mois». Chaque député travaillera donc avec environ quatre employés, dans son bureau d'Ottawa ou dans sa circonscription. «On reçoit des montagnes de CV», dit M. Mulcair. Le NPD est le seul parti dont les employés sont syndiqués.

Rassurer les marchés

Lundi dernier, le NPD a pris contact avec des leaders du monde financier pour rassurer les marchés. Ils ont tenu à rappeler que, si le NPD devait former le gouvernement, il s'inspirerait des premiers ministres provinciaux de leur parti, comme Roy Romanow, en Saskatchewan, ou Gary Doer, au Manitoba, qui avaient présenté des budgets équilibrés. D'ailleurs, Stephen Harper a même nommé Gary Doer ambassadeur aux États-Unis.

Les gouvernements provinciaux néo-démocrates ont la réputation d'être un peu moins à gauche que le parti fédéral.